SCÈNE IV
Lb8 mêmes, verdier. Un apprenti, d'une quinzaine d'années, assez grand et l'air gouape.
Verdier (apoplectique).
C'est vrai ce que me raconte mon apprenti ? (A lappre^iti.) C'est bien monsieur qui t'a frappé?
L'apprenti Oui, c'est lui.
Verdier Pourquoi t'a-t-il frappé ?
L'apprenti
Pour rien... j'sais pas, moi... j'passais en chantant.
Le doctecii
Justement, e^i chantant.
Verdier
Et c'est pour ç^ que vous avez maltraité ce pauvre enfant qui j^e peut pas vous répondre ?
Le docteur Pour ça... oui..,
M. ÂLLEYRÂS
Voyons, on ne lui a pas fait grand mal.
Le docteur
Et le seul regret que j'aie, c'est de ne pas avoir eu sous la main le patron, au lieu de ce polisson.
Verdier [suffoqué), Co... Comment?
Le docteur
Je dis que si j'ai eu tort, c'est de faire payer à ce galopin l'incongruité que vous lui avez soufflée.
Verdier
Que je lui ai soufflée?
Le docteur Ne faites donc pas l'imbécile ; vous savez très
bien ce que je veux dire. Il y a assez longtemps que vous m'aboyez aux jambes... prenez garde aux coups de pied. J'en ai assez, comprenezvous, j'en ai assez.
Verdier (reculant vers la porte).
Ah! c'est comme ça... alors, c'est la guerre?
Le docteur Oui, c'est la guerre.
Verdier
Hé ! bien, elle vous coûtera cher. En attendant que les tribunaux se prononcent, vous aurez de mes nouvelles... tenez-le pour certain : vous verrez de quel bois je me chauffe.
Le docteur
De quel bois ? De quel papier vous voulez dire. Qu'est-ce que vous allez encore imprimer dans votre sale journal ? Que j'ai tué un de vos apprentis. Allez donc faire grincer vos presses et tout de suite... et plus vite que ça même... (Il a un mouve^ ventent vers Verdier, Son père le retient.)
M. Alletràs Jean!
Verdier (à F apprenti).
Viens, mon petit. Ton patron ne l'abandon-
LA CLÂIRIËRB 177
nera pas. Tu seras indemnisé, j'en fais mon affaire.
(Ils sortent, M. Alleyras referme la porte.)