ACTE I, SCENE VI
MORINS
Ke VOUS attristez pas. Oui, elle est morte d'une façon misérable.
Il y a longtemps ?
MORINS
Il y a quatre ans. J'allais voir à Lariboisière une pauvre fille que j'avais fait entrer dans le service d'un de mes amis et c'est là, dans la même salle, que j'ai retrouvé votre ancienne maîtresse. Elle venait de subir une opération terrible... Oh! terrible... Elle est morte dans d'atroces souffrances et il n'y avait personne que moi autour de son agonie et derrière son cercueil.
LAMBERT
Ce que vous me dites là me fait de la peine, beaucoup de peine, je l'avoue.
MORINS
Ne vous défendez pas de trop de sensibilité... et même si vous pouviez pleurer, laissez couler vos larmes, ça soulage.
LAMBERT
Je ne pleure jamais... Je n'ai rien su de tout ça...
MORINS
Vous semblez en effet vous en être absolument désintéressé. Et cependant, n'avait-elle un enfant de vous ?
Non. Cest-à-dire si... Enfin, on ne sait jamais.
MORINS
Evidemment... Pourtant quand je l'ai revue si malade, elle en parlait sans cesse de cet enfant qu'elle paraissait beaucoup aimer... elle disait que vous en étiez le père... et elle n'avait pas d'intérêt à me tromper, moi... je ne lui demandais rien et elle était bien près de la mort pour mentir. Vous n'avez pas du tout de nouvelles de cet enfant?
LAMBERT
Ce sont les grands-parents, je crois, qui s'en occupent.