ACTE I, SCENE VII
LAMBERT
Comment, pourquoi ? Mais à cause de la concurrence étrangère : la politique des races est impitoyable. Les Français perdent tous les jours une bataille. Corn prenez- vous ?
CHARLOTTE
Non. Quoi ? quelle bataille ? j'aime mieux vous le dire tout de suite, je n'y comprends rien du tout et ces questions-là m'assomment.
MORINS
Ah ! Comme je la comprends de ne pas comprendre! Vous ne lui donnez que des raisons d'économiste. Mais ce qu'il faut dire, c'est que si d'avoir des enfants est la seule façon d'échapper à la mort, c'est aussi la seule façon d'échapper à l'ennui.
CHARLOTTE
Je ne m'ennuie pas.
MORINS
Ça peut venir, et croyez-vous que votre mari n'aimerait pas voir sa maison peuplée et
bruyante et son existence rajeunie par des ctres dans lesquels il se sentirait revivre?
Il vous l'a dit ?
MORLNS
Il ne me Ta pas dit, mais j'en suis sur. Et si votre mari vient à s'ennuyer? Y avez-vous jamais songé? Vous vous préparez peut-être des désastres. Comprenez-vous maintenant ?
CHARLOTTE
Pas du tout.
MORINS
Ah ! c'est regrettable. Alors, parlons d autre chose. Qu'est-ce qu'on portera cet hiver ?
CHARLO l TK
Cest très drôle ce que vous venez de dire là. J'entends bien que vous avez le mépris des femmes.
MORlNS
Oh ! vous ne me connaissez pas ; elles ne m'inspirent en général ni admiration aveugle,