ACTE I, SCENE Vil
ni crainte muette ; mais j ai toujours pour elles le plus profond respect.
LAMBERT
La seule raison d'être de la femme, voyezvous, c'est d'être mère... C'est son but, c'est sa fonction, il n'y a pas à sortir de là. Demandez à ma femme.
VALENTINE
Oh! certainement, mais quand je t'entends parler ainsi, je me demande alors pourquoi tu as renvoyé Céline, ma femme de chambre, qui va précisément être mère.
LAMBERT
Ça n'est pas la même chose... Céline est une fille, elle n'est pas mariée.
VALENTINE
Qu'importe.
LAMBERT
Comment, qu'importe?
VALENTINE
Oui. Si la fonction dont tu parles ne peut
s'exercer en dehors du mariage, tu la limites bien arbitrairement... et la nature s'occupe peu de ces détails.
LAMBERT
La nature, la nature... Alors, il faudrait vivre comme des animaux.
VALENTLNE
Il faut vivre comme on peut... et puis, nous devons être indulgents... les hommes en général sont plus près de la bête que de l'ange.
LAMBERT
Tu te payes de mots. (Un silence.)
CHARLOTTE
Alors, qu'est-elle devenue, cette Céline ?
VALENTINE
Je l'ai installée chez la mère Mousseron, une brave femme, qui est de plus très bonne garde-malade.
LAMBERT
Ah ! tu Tas installée chez la mère Mousseron ? Il me semble que tu aurais pu m'en par-