‹ Le torrentChapitre 32 sur 176 · ACTE I, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VII

1er. Tu ne sais pas ce que tu fais : tu favorises Tinconduite, tu encourages le vice.

VALENTINE

Je viens au secours d'une malheureuse.

LAMBERT

D'une coureuse qui ne connaît même pas le père de son enfant.

MORINS

C'est invraisemblable !

Elle le connaît très bien... C'est un de tes ouvriers ; il fallait user de ton autorité pour qu'il l'épouse, au lieu de la jeter sur le pavé !

LAMBERT

Mais je n'ai pas qualité pour forcer ce garçon à épouser Céline : ça ne me regarde pas. . . je ne peux pas me mêler de ces affaires-là.

VALENTINE

Et moi je ne peux pas laisser cette fille dans la rue... Elle n'a pas commis un crime après tout.

LAMBERT

Oh! je sais que tu as des idées très larges... Pourquoi ne fondes-tu pas un hôpital pour les filles séduites pendant que tu y es ?

VALENTINE

Mais il ne s'agit pas de ça... cette fille m'était très dévouée : encore une fois elle n'a pas commis un crime... Tu la renvoies dans un tel état sans t'inquiéter de ce qu'elle deviendra, eh bien ! moi, je m'en inquiète, parce que j'en souffre dans mon cœur et dans ma chair de femme et de mère... voilà tout...

LAMBERT

Tu as le plus grand tort de t'occuper de ces gens-là... Tu n'en auras que des désagréments; tu as semé la pitié, tu récolteras l'ingratitude : tu verras ce que je te dis. Est-ce vrai, monsieur Morîns?

MORINS

Ah ! comme madame Lambert a raison et tout ce que vous venez de dire à propos de

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