‹ Le torrentChapitre 46 sur 176 · ACTE II, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE I

pins qa'il avait tués la veille dans son parc ; il les proposa à la fruitière, sur la place du Marché, la mère Boisseau, qui les marchanda naturellenaent... ils s'en tinrent à cinquante centimes... Alors le marquis fit le tour de la ville, proposant ses lapins à d'autres marchands et finalement revint à la mère Boisseau qui lui dit : Ah ! non ! Monsieur le marquis, maintenant que vous avez offert vos lapins à tout le monde, ça n'est plus le même prix... et elle lui rabattit deux francs.

CHARLOTTE

J'aurais bien voulu voir le marquis avec son panier... ça devait être très drôle.

VERSANNES

Vous trouvez ça drôle, vous ? Vous n'êtes pas difficile. Moi, je trouve ça navrant.

Cest tout un petit drame.

CHARLOTTE

Je m'imagine le marchandage entre la mère

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Boisseau et le marquis de Gourguette, ça devait être tordant. (Elle rit.)

VERSANXES

Je vous en prie, Charlotte, ne riez pas comme ça : je vous assure que ça n'est pas

drôle.

CHARLOTTi:

Je peux bien rire, si j'en ai envie.

versanm:s Alors, vous trouvez drôle que le vieux marquis de Gourguette ait été réduit par la misère à de tels expédients et que, ruiné par son fils, il ait été obligé de louer son antique demeure et son parc séculaire à un Schlam, à un parvenu qui a fait sa fortune on ne sait comment ?

SAIXT-IMIOIN

C'cst-à-dirc qu'on le sait très bien.

VKRSANMiS

Oui... il a loué le château avec les trois cents hectares d-e bois, et la première chose qu'il a faite, c'a été d'entourer les bois avec des

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murs de deux mètres de hauteur et garnis de tessons de boyteilles !

MORINS

Pour certaines gens, la propriété, c'est le verre cassé.

CHARLOTTE

Il a bien fait de s'entourer ; les vagabonds venaient coucher dans ses bois et les braconniers tendaient des collets.

SAIXT-PHOIN

Est-ce qu'il n'avait pas été question d'aller visiter les papeteries ?

MORIXS

Mais oui, nous ne sommes même venus que pour ça.

CHARLOTIE

Je vais mettre mon chapeau. Venez-vous, Valentine ?

VALENTINE

Oh ! moi, je suis un peu fatiguée.

CHARLOITE

Est-ce que ça ne va pas mieux ?

VALENTINE

Si ! Si ! Mais je vous demanderai la permission de ne pas vous accompagner, d'autant plus que je la connais, la papeterie.

CHARLOTTE

Je'pense bien... moi aussi, je la connais; mais ça m'amuse toujours de voir les machines et les grands baquets où Ton met la pâte. (Cependant elle a mis un chapeau très excentrique.)

HUBERT

Vous avez un chapeau très original.

CHARLOTTE

Vous trouvez ?

HUBERT

Ravissant ..

VERSANXES, ironique.

Et tout à fait de circonstance, surtout.

CHARLOTTE N'est-ce pas ? (Elle cherche quelque chose sur la table.) Où diable Tai-je mise ?

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