ACTE II, SCENE II
pas comme les autres hommes ; je ne voudrais rien dire, comprends-tu, qui fût au-dessous de mon amour et des responsabilités qui viennent de surgir tout à coup ; mais ces responsatilîtés, je les assume toutes : je t'aime, je t'adore, je suis à toi, je t'appartiens... appuie-toi sur moi... dispose de moi... Que comptes-tu faire?
VALEXTINE
Je ne sais pas... je ne sais pas... c'est très grave... Écoute: lorsque je me suis donnée à toi, je ne t ai pas dit que mon mari n'était plus mon mari depuis deux ans... je sais que toutes les femmes mariées ont coutume de dire ces choses-là et ce qui m'a arrêté de te dire la vérité, c'est qu'elle ressemblait trop au mensonge des autres... d'ailleurs, tu ne m'avais rien demandé.
VERSANNES
Tais-tbi î Tais-toi ! Je ne t'ai rien demandé, parce que je t'avais jugée incapable d'un semblable partage.
lOO LE TORRESH'
Qu'allons-nous faire ?
VETISANNES
Il n'y a pas à choisir. Il faut partir ensemble... Oui, partons ensemble, si tu le veux, je suis tout prêt.
VALENTINE
Ah ! ce serait le rêve. Oui, partir ensemble, j'étais certaine que ce serait ta première pensée, comme ce fut ma première pensée à moi. Mais en m'ofïrant de partir A\ec toi, en me consacrant toute ta vie, tu es peut-être dupe de ta générosité et le grand désir que tu as de ne pas démériter à mes yeux peut t'ordonner des, résolutions au-dessus de tes responsabilités, et de- ton droit... car tu n'es pas seul et moi j'ai mes enfants. II faut éviter de prendre des décisions trop promptes. Peutêtre les regretterions- nous plus tard l'un et l'autre... peut-être me les reprocherais-tu un jour...
VERSANNES
Ne dis pas ça !