ACTE II, SCENE II
mon ami. . . je ne sais pas comment vous dire. . . Ah ! je voudrais que ce fût la nuit, la nuit... et la tête sur ton épaule, il me semble que je te parlerais mieux dans lombre.
VtRSANNES, la berçant comme une enfant.
Parle, voyons, parle : toute la tendresse et tout le respect que j'ai pour toi t'enveloppent mieux que la plus sombre nuit... Cest donc un aveu bien dilficile à faire ?
VALENTINE
C'est le plus doux aveu qu'une femme puisse faire à celui qu'elle aime ; mais, dans les cîrconstances où nous nous sommes aimés, c'est l'aveu le plus terrible. Ah ! si j'étais ta femme, je serais venue te trouver fière et joyeuse, mais je suis la femme d'un autre, et je te parle dans la crainte, dans la tristesse et dans les larmes.
VERSANNES
Ah ! Valentine, voilà donc pourquoi tu pleures... Je comprends, maintenant, ma pauvre adorée. (Il la tient embrassée.)
VALETNTIXE
Vous VOUS taisez... parlez-moî, parlez-moi que j'entende votre voix, que je sache si vous êtes fâché ou si vous me pardonnez, si vous m'aimez encore.
VERSANNES
Te pardonner, ô mon seul amour ! mais je suis à tes genoux et je suis plein de reconnaissance, de fierté et de joie, au contraire. Je t'aime davantage, car désormais il y a un lien de chair et de sang entre nous et tu me deviens mystérieuse et sacrée. Je t'aime davantage parce que tu vas souffrir à cause de moi.
VALENTINE
Alors, c'est vrai, tu ne m'en veux pas ? Ah ! je suis heureuse... j'avais si peur tout à rheure... je tremblais..- j'avais honte... et puis je ne savais pas comment tu allais prendre ça : les hommes n'aiment pas qu'on dérange leur existence de la sorte.
Oui, mais moi, tu k sais bien, je ne suis