ACTE II, SCKXE VI
VERSANNES
Non, non, c'est impossible... vous ne la connaissez pas... d'abord l'enfant qu'elle porte en elle est à moi... je suis son père avant tout... et je ne veux pas qu'un autre se croit l'être... non, elle n'en a pas le droit.
MORINS
Je vous demande pardoft, elle a tous les droits et vods n'avez- absolument rien à dire... c'est elle qui risque tout dans une telle aventure, son honneur, sa santé et sa vie même. Reconnaissez qu'à ce prix-là elle a bien le droit de choisir et pour ce que ça vous a coûté, vous avez tout juste le droit de vous taire...
VERSANNES
C'est vrai !... et pourtant à cette pensée tout en moi se révolte !
MORlNS
Er, d'un autre côté, si elle part, si elle est plus amante que mère, abandonnez-vous votre
femme? Qu'avez-vous à lui reprocher? Elle ne vous trompe pas?
VERSANNES
Hélas ! non, ça pourrait la décoiffer.
MORINS
Les maris ne sont jamais contents. J'ai causé quelques instants avec elle, hier soir... je vous accorde qu'elle manque d'idées générales, mais ce n'est pas tout à fait sa fauce et il faut plutôt en accuser son éducation, ses amies du cours Langlois-Boutinot, un père trop occupé, une mère troj^ faible. Et la première fois que vous lui avez parlé, je doute qu'elle vous ai séduit par la profondeur de ses propos. Et pourtant, vous l'avez trouvée charmante, puisque vous l'avez épousée. Estce vrai?
VERSANNES
Oui, c'est vrai.
MORIXS
Vous étiez vous-même très mondain, vous aviez eu une jeunesse des plus élégantes,