ACTE III, SCENE 11 I
seron... Elle s'endort; emportez votre corbeille; vous finirez de ranger tout ça auprès d elle. Trouvez-vous votre affaire dans ce que je vous ai apporté ?
LA MÈRE MOUSSERON
Ah ! bonnes gens ! je croîs bien... il va être comme un enfant de riche avec tout ça. (Elle encre dans la maison.)
LABBÉ BLOQUIX
Eh bien ! ça m'a tout Tair d'aller très bien là-dedans... cet enfant est superbe.
VALENTINE
Oui, faut-il se réjouir qu'il y ait un infortuné de plus sur la terre ?
L'ABBÉ BLOQUIN
Vous le condamnez bien vite au malheur... dans trois semaines, la mère sera debout et elle pourra travailler.
VALENTINE
Si elle trouve de l'ouvrage.
I/ABBl!) BLOQUIN
Nous nous en occuperons.
VALENTINE
Ça ne sera pas facile... D'abord, je ne pourrai pas la reprendre chez moi, puisque mon mari Ta déjà chassée. Pauvre fille! elle se meurtrira à toutes les mauvaises volontés et partout où elltj se présentera, elle sera repoussée; quand ça ne sera pas par Tétroitesse hautaine de la bourgeoisie, ce sera par la malveillance stupiJe des gens de sa condition. Ah ! je la plains de tout mon cœur... Il y a trois ans, lorsque je Tai prise comme femme de chambre, elle était servante dans une ferme... Oui, comme nous revenions un soir dune promenade avec des amis, nous Tavons vue... elle poussait des vaches devant elle ; le soleil couchant la faisait toute rose avec des cheveux d'or et elle était si fraîche et si jolie, qu'un des jeunes gens qui était avec nous s'écria : << La belle fille ! Elle devrait venir à Paris ! Elle aurait du succès? »