REP LE S E NTATION AV NATVR'EL, COMME LE ROY TRES CHRESTIE
« Le Roy très chrestien a accoustumé de toucher les malades aux quatre festes
comparaison de la peinture à l’huile, i55o, la légende de Sainte Marguerite », bois, rehauts d’or, prêté par Sa .Majesté le Roi Édouard VII. ( Catalogue des Primitifs français, au Louvre et à la Bibliothèque nationale, 1904.)
1. De mirabili strumas sanandi vi, solis Galliæ Regibus Christianissimis divinitus concessa. Liber unus. Et de strumarum natura, differentiis, causis, curatione, quæ fit arte et industria medica. Liber aller. Auctore Andrea Laurentio, Regis Consiliario et Medico primario. MDCIX. Parisiis, apud Marcum Orry.
C’est la représentation au naturel de Henri IV arrivant à Paris, tin Mars 1594; «... de ses mains qui,
solennelles de l’an; à scavoir à Pâques, à Pentecoste, à la Toussaincts et à Noël. Emeu quelquesfois de compassion par la grande multitude des malades, il les touche aussi en quelques autres festes. A cette solennelle action accourent, de tous endroicts plusieurs, tanct François qu’estrangers, pour y recouvrer leur santé, qu’ils ne peuvent trouver ailleurs; entre lesquels, se voient un grand nombre d’Espagnols, Flamens, Allemans, Italiens, Lorrains, et à raison de la commodité, plus de François que d’autres.
« Le iour de devant que cette cérémonie se célèbre, le Roy, la commence, en se trouvant en prières de Vespre, et quelquesfois même à celles qui se font avant le iour, afin de se rendre Dieu favorable et propice.... Cela fait, tout bruslant du feu de charité, il entre en un lieu grand et spacieux appresté pour recevoir commodément les malades. Car il nous est souvent advenu d’en compter plus de quinze cens, et principalement environ la Pentecoste, où on célèbre la solennité du Saint- Esprit, tant pour ce que le Saint-Esprit nettoye et guarit ceux qui l’invoquent, que pour ce que la sérénité de l’air et la tranquillité de la mer rendent, en ce temps là, les chemins et passages libres aux estrangers.
« Or, à ce que la bien-séance, requise en une telle action, éclate plus magnifiquement, et que l’aumosne destinée aux malades des Escroüelles ne soit point destournée ailleurs par les gueux, contrefaisans les scrophuleux : tout autant qu’il y a de malades sont exactement, et selon que l’art le commande, visités par le premier Médecin, et par les autres Médecins et chirurgiens du Roy, au rapport desquels ceux qui ne sont point détenus de scrophules, sont déboutez avec une telle acclamation du peuple, que les Gardes du corps et les Archers de la garde ont assez de peine à appaiser le bruit, et à ranger les malades en leur place. Les Espagnols, ie ne sçay par quel privilège, occupent toujours les premiers rangs, les autres estrangers les suivent, et les Français sont tous les derniers.
« Tous les malades estans à genoux et tenans les mains jointes et levées vers le Ciel, et faisans forces vœux et supplications, se iettent aux pieds de Sa Majesté, attendans de luy le remède divin de leur guarison.
« Estans donc tous en cet ordre disposez par rangées, le Roy brullant du feu de charité royale, et ayant le cœur humilié, assisté des Princes du sang, des principaux Prélats de l’Eglise Romaine, et du grand Aumosnier, commence l’action par une prière spéciale qu’il fait à Dieu.
à Chartres, avaient été ointes de saint Chrême, Henri IV touche 600 scrofuleux pleins de foi, quelques-uns guérirent; comment douter maintenant de son retour sincère au catholicisme? S’il était resté de cœur protestant, aurait-il possédé ce pouvoir surnaturel? » Voir Ernest Lavisse. Histoire de France, t. VI. Henri IV; les effets de l'abjuration.
Phototypie Berthaud, Paris.