DÉPENSES
Frais de premier établissement.
Forage du puits : 6 ouvriers payés
chacun T. 2,40 c. par mois, soit,
pour l'année, T. 172,80 c, et,
pour 15 années de travail T. 2.592 --= Kr. 10.368
Matériel, han(|ars, charpentes, etc. 2.000 8.000
Achat de 60 buffles ii T. 40 l'un.. 2.400 9.600
Frais d'exploitation
Solde du personnel pendant un an
(30 hommes payés chacun T.
2,60 par mois) T. 936 = Fr. 3.744
Xourriture, à raison de T. 4 par
mois l.VVO 5.760
Knlreticn de 60 buffles : T. 240
par mois 2.880 11.520
Réparations diverses 1.000 4.000
RKCKTTKS
Rcndemenf moyeu du puits :
49,000 catties par jour, à raison
deT. 0,20 c. les 100 catties, soit .
Par 24 heures T. 40
Pour uu mois 1 .200
Pour un an 1/f.VOO Fr. 57.600
Ce simple état comparatif des capitaux engagés et des recettes prouve que, malgré les imperfections de Toutillage, le résultat est pour satisfaire les plus difGcîles.
Le rendement des puits à gaz est aussi rémunérateur que celui des salines. Un seul suffit à alimenter plusieurs chaufferies. La quantité de gaz nécessaire pour maintenir une cuve en ébullition pendant un an se vend 170 taëls (628 francs).
Le sel vaut, au détail, de 20 à 25 sapèques la livre, et 14 sapèques en gros ( de 10 à 15 centimes). Le gouvernement perçoit une taxe de 150 taëls sur chaque tsat livré au commerce. Le tsaï est une quantité indéfinie et très variable suivant les provinces. 11 correspond ici à 100,000 catties, — environ 64,000 kilogrammes. La production annuelle des salines de Tse-Liou-Tsin est actuellement de 300 tsaï, représentant 100,000 tonnes.
Il arrive que des puits se tarissent tout à coup sans cause apparente. Puis, après une interruption plus ou ou moins longue, Teau afflue de nouveau inopinément, souvent même plus abondante que par le passé. Certains sont demeurés improductifs pendant plusieurs mois ; dans d'autres, le travail n'a été repris qu'après plusieurs années, alors que les propriétaires avaient perdu tout espoir. Dans ces moments critiques, les intéressés recourent aux grands moyens, invoquent l'aide des puissances supérieures. Des faisceaux de baguettes d'encens sont allumés dans les pagodes et devant les tablettes des ancêtres ; des millions de taëls — en carton doré — sont offerts aux génies du Ciel et de la Terre. Aucun n'est oublié : Bouddha, Lao-Tse, Confucius, le Soleil, la Lune, le grand Dragon, dont les moindres mouvements peuvent, chacun vous le dira, occasionner des cataclysmes, tous sont implorés. La prudence veut même qu'on ne s'en tienne point aux diviuités nationales. Les dieux de l'étranger ne sontpoiat ou-
LE SK-TCIîOtEV. 2fr>
bliês. A tout hasard, on invoque le dieu des musulmans, le dieu des chrétiens. L'anecdote suivante, absolument authentique, tcnïoigne de ce sage éclectisme : il y a quelques années, un des puits appartenant à la Compagnie " de TEspérance ^ était à sec. Cette société compte, au nombre de ses administrateurs, un chrétien. Un jour que le conseil délibérait sur les mesures à prendre dans une circonstance si grave et venait de voter des prières, des offrandes aux différentes pagodes, un des assistants proposa de solliciter également l'intervention du missionnaire français. Leur collègue était tout indiqué pour entamer les pourparlers. Il fut chargé, séance tenante, de se rendre auprès du P. Bouchère afin de lui demander avis. Peut-être existait-il dans son ciel quelque saint dont la spécialité était de faire retrouver les objets perdus. La démarche surprit un peu le digne prêtre :
— En effet, répondit-il au délégué, la prière est d'un grand secours aux heures difficiles et l'on peut tout obtenir par l'intercession des saints.
— Mais auquel s'adresser plus particulièrement pour notre affaire?
— Pour votre affaire?... la question est délicate. Je te dirai pourtant que les ménagères do mon pays, lorsqu'elles ont égaré quelque chose, ont coutume d'invoquer Saint Jintoine de Padouc.
— Un grand saint?
— Des plus grands !
Xotre homme s'en alla aussitôt exposer à ses associés le résultat de sa visite, ajoutant qu'il avait pris sur lui do promettre, en leur nom comme au sien, dans le cas où leurs vœux seraient exaucés, de donner au révérend pèro 1:rois piculs de riz pour ses pauvres et ses malades.
A ces mots, le conseil s'était récrié. Trois piculs une ■fois donnés, quelle misère! Une société telle que la leur
devait se montrer plus généreuse. Il allait retourner surle-champ chez le missionnaire et lui déclarer qu'en cas de réussite son hôpital recevrait les trois piculs chaque mois à perpétuité.
Quelques jours plus tard, les actionnaires de la Compagnie de TEspérance étaient dans la joie. L'eau affluait de uouveau dans le puits. La probité commerciale n'est pas aussi rare en Chine qu'on pourrait le supposer. Une maison qui se respecte fait honneur à ses engagements , quoi qu'il en coûte, alors même que l'affaire aurait été conclue sur parole. La promesse a été tenue de point en point. Kt voilà comment, depuis bientôt cinq ans, la Compagnie chinoise de l'Espérance, dont le président est M. Whang, sert à la mission de Tse-Liou-Tsin une rente mensuelle de 3 piculs (près de 300 kilos) de riz..., en l'honneur de Saint Antoine de Padoue.
Les salines de Tse-Liou-Tsin sont surtout intéressantes en ce qu'elles nous offrent, dans un état de conservation parfait, l'image exacte d'une grande agglomération industrielle telle qu'elle existait plusieurs siècles avant notre ère. II n'est pas douteux que les méthodes y sont aujourd'hui les mêmes que par le passé. Comparées aux nôtres, elles sembleront évidemment enfantines, de nature à entraîner de grandes pertes de temps et, par suite, beaucoup plus coûteuses. Mais il ne faut pas oublier qu'aux yeux des Chinois, le temps est un facteur négligeable : une affaire péniblement conclue, grâce aux efforts de deux générations, est considérée comme un succès. Si Ton tient
compte, qui plus est, du bon marché de la main-d'œuvre indigène, on se demandera si cette organisation très primitive du travail n'est pas la plus judicieuse, celle qui répond le plus exactement aux exigences du milieu, aux conditions de la vie sociale, aux habitudes et aux besoins de la population. Au total, les résultats paraîtront, a peu de chose près, aussi remarquables^ parfois même plus rémunérateurs que dans nombre d'exploitations européennes.
Aussi convient-il de ne point s'exagérer l'importance du rôle que l'Européen est appelé à jouer dans cette région. 11 y sera toléré, accueilli même avec faveur s'il consent à se confiner dans l'emploi assez ingrat d'éducateur et de conseiller, sans chercher à se substituer aux possesseurs <lu sol. Ceux-ci, en hommes pratiques, ne manqueront pas d'apprécier le concours d'ingénieurs qui leur enseignei^aient à tirer un meilleur parti de leurs richesses naturelles, à capter, en même temps que le gaz, les sources de j)étrole négligées jusqu'ici. Mais du jour où l'étranger se poserait en concurrent, la situation ne serait plus la même : :îl s'exposerait à de sérieux dangers. La présence de nou- "wcaux venus ayant pour objectif la rénovation des modes ^e travail sur lesquelles tant de générations ont vécu ne ocrait point acceptée sans lutte. Et cela s'explique, après €:out. Ce que ces gens défendraient, c'est non seulement leurs vieilles coutumes, leurs préjugés, mais leur existence même. Trois ou quatre usines à vapeur disposant ^'un personnel relativement peu nombreux donneraient ^lisément la somme de travail fournie à l'heure actuelle par une population de deux à trois cent mille âmes. En x^ain, dira-t-on que cette population trouverait facilement ïî s'employer ailleurs, dans des industries nouvelles. Pour olle, le changement n'en serait pas moins brutal et douloui^eux ; elle sent d'instinct qu'il y aurait un mauvais nio-
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ment à passer et préfère s'en tenir, demain comme aujourd'hui, à la tâche accoutumée. Sur ce point, elle se montre particulièrement intraitable et nerveuse. Ses répugnances et ses craintes se trahissent à tout propos pour les motifs les plus futiles.
Le lendemain de notre arrivée, après une journée passée à courir la ville et les faubourgs, Tidée m'était venue de gravir une colline isolée qui se dresse non loin de la Mission et du haut de laquelle on embrasse un immense tour d'horizon. Mon dessein était de dresser, dans un levé rapide à la boussole et à la planchette, le plan de Tse- Liou-Tsin. Je n'avais point voulu que le P. Bouchère s'imposât un surcroît de fatigue et je l'avais, non sans peine, décidé à rentrer au logis. Je n'avais avec moi que mon boy Ah Kim : j'étais, depuis dix minutes à peine, installé sur mon belvédère, lorsque des cris retentirent. Une foule, qui nous avait épiés de loin, escaladait la colline, et bientôt je me vis entouré de trois ou quatre cents personnes vociférant, gesticulant. Selon toute évidence, ces individus ne me voyant plus en compagnie du prêtre, en concluaient que ce dernier s'était dérobé afin de ne pas favoriser par sa présence quelque manœuvre louche; car cette planchette, ce grimoire, tout cela ne signifiait rien de bon. Le plus sage était de me retirer, sans cependant avoir l'air de fuir. Je redescendis donc vers la Mission, sans hâter le pas, en homme qui vient d'achever ce qu'il voulait faire et ne croit point avoir commis de crime. Quelques pierres me furent lancées de loin, sans m'atteindre; le boy, bousculé, fit un faux pas, tomba et reçut deux ou trois bourrades, mais les choses n'allèrent pas plus loin. Après nous avoir escortés pendant une centaine de mètres, la bande faisait halte et nous laissait poursuivre tranquillement notre chemin.
La mcsavent^urc arrivée il y a deux ans à un Chinois,
LE SE-TCÎIOIE.V. 249
propriétaire de salines, est non moins instruclivo. Ce Sôtchouanais, qui m'a conte lui-même son histoire, avait habile Canton et, durant un séjour de plusieurs années dans les provinces du littoral, avait eu l'occasion de se familiariser avec les innovations européennes. Il résolut de les appliquer à son industrie, fit venir et mit en place, il très grands frais, un matériel perfectionné, des pompes à vapeur. L'expérience réussit au delà de tout espoir. Le puits, pourvu de cette machinerie, débitait un volume d'eau extraordinaire. Par malheur, au même moment, dans les puits voisins, le niveau baissait de façon inquiétante. Les propriétaires lésés se rendirent chez leur trop heureux concurrent et lui signifièrent, avec les formes les plus courtoises, mais d'un ton très ferme, que cet état de choses ne pouvait durer davantage. En toute justice, ne devait-il pas renoncer à décupler sa fortune au détriment d'autrui, et se contenter, comme autrefois, d'un bénéfice honnête sinon démesurément élevé? Reconnaître son erreur est le fait du sage : de la sorte, il vivrait en paix, estimé de tous ; il s'éviterait des remords de conscience. . . et mille autres désagréments. Ces représentations amicales produisirent leur effet. Les machines furent démontées, mises au rebut, l'exploitation reprise suivant les procédés anciens, avec les treuils de bois, les buffles, les câbles en bambou. Le plus curieux, c'est que le bonhomme ne récriminait point, semblait prendre les choses avec une philosophie parfaite.
— Au bout du compte, déclarait-il en terminant, mes voisins étaient dans leur droit; ma mécanique menaçait de tarir leurs puits.
— Et maintenant ?
— Maintenant, nous sommes amis ; leurs affaires marchent à souhait.
— Tandis que les vôtres?
— Oh! les miennes ne vont point mal; je veui dire qu*elles sont ce qu'elles étaient jadis, au temps de mon père et de mon aïeul, qui ne se sont jamais plaints. Pourquoi ne me contenterais-je pas de ce qui suffisait à mes Morts?
Ce sont là de belles paroles. Pourtant je n*ai pu m'enpêcher de songer que, s'il se fût agi d'obtenir la démolition d'un outillage appartenant à une compagnie étrangère, la démonstration eût été très probablement tout aussi persuasive, mais beaucoup moins paciGque.
Faut-il conclure qu'il n'y a rien ou peu de chose a faire en Chine pour l'industrie européenne, et que tout progrès doit être inOniment ajourné par respect pour des us et coutumes d'un autre âge? Non, certes. En ce pays il y a place pour de grandes entreprises ; un jour viendra où le vieil empire sentira la nécessité d'utiliser toutes les r(>ssources que recèle son territoire. Et, ce jour-là, il faudra bien qu'il fasse appel aux capitaux, aux ingénieurs d'Europe ou d'Amérique. Cette évolution peut être plus lente qu'on ne se l'imagine, de très bonne foi, en certains milieux où l'on tient ses désirs pour réalités et où il est d'usage de traiter ces questions sur un ton prophétique. Mais elle doit s'accomplir tôt ou tard. Il est juste que les représentants d'une civilisation supérieure en profitent pour faire œuvre créatrice et féconde, pour ouvrir les voies de communication, pour introduire dans le pays des industries nouvelles, pour mettre en valeur les gisements dédaignés. Autre chose est de déposséder les populations qui, somme toute, ont, depuis tant de siècles, donné à leur manière un assez bel exemple d'ingéniosité et de patient labeur. La mission de ceux qui sont censés incarner le progrès ne saurait consister à augmenter .dans cette province très riche, mais aussi surabondamment peuplée, où le pauvre monde est légion, le nombre des sans asile et des meurt-de-faim.
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Mardi 17 mars.
Tse-Liou-Tsin, les salines, les puits de feu, tout cela est déjà loin. Depuis quatre jours, nous avons repris notre roule vers Touesl. Samedi, à Tsi-Tchéou. nous rejoi- |]nions la chaussée impériale de Tchoung-Ring à Tcheng- Tou. Avant-hier nous couchions à Yang-Shien, ville assez importante, ceinturée de remparts et qui, à première vue, m'a paru devoir contenir de vingt-cinq à trente mille habitants. Le mandarin de Yang-Shien a fait preuve à notre égard d'une rare prévenance. A peine arrivés à Tauberge, nous recevions sa carie avec ses compliments que nous transmettait le commis du yàmen chargé de prendre copie de nos passeports. Mais, en même temps, arrivaient de sa part plusieurs coolies apportant des sièges sculptés, des coussins de soie rouge, des tentures, des lanternes peintes, tout un mobilier destiné à transfigurer notre misérable loc<il. On n'est pas plus aimable.
Hier, après-midi, entre Yung-Tiao-Kai et Kien Tchéou, nous avons retrouvé la rivière Loh entrevue à Tse-Liou- Tsin, et remonté pendant quatre heures sa vallée très fertile, «gayée de nombreux villages. Ces paysages m'ont rappelé certains coins de la France, les campagnes du Maine et de l'Anjou avec leurs verdures plantureuses, leurs ruisseaux filant sans bruit dans l'herbe grasse.
Puis vers le soir,, le Loh franchi sur un grand pont couvert, voici que le terrain devient plus accidenté. Des Iiauteurs apparaissent, une chaîne abrupte nord-sud, dernier obstacle qui nous cache le pays de Tcheng-Tou. Deux heures de montée par des escaliers extrêmement raides, et nous atteignions le col (1,170 mètres) quelques minutes avant le coucher du soleil. L'horizon est immense, :inais la lumière qui nous arrive en plein visage nous
éblouit, fond les contonrs et les reliefs dans un flamboiement d'incendie. Un peu plus tard seulement, quand Tastre a disparu, nous distinguions nettement la plaine sillonnée de canaux, les cultures de pavots, les rizières, les bouquets de bois épars où se cachent les temples et les villages; enfin, à vingt lieues dans Touest, une longue ligne de crêtes étrangement découpées, qui bientôt reste seule visible, dessinée en vigueur sur le ciel pâle.
Ce qui s'efface, dans les profondeurs voilées de brume, c'est le Piémont de la Chine ; cette barre sombre à l'horizon, le massif qui s'étend vers Tà-Tsien-Lou et la frontière thibétaine, la première assise du Grand Plateau central d'Asie.
Il était nuit close quand nous sommes arrivés au bas de la descente, au bourg de Long-Tchien-Yô. Vingt kilomètres au plus nous séparaient de la capitale du Sé-Tchouen; une promenade de quatre heures, en terrain plat sur une large chaussée dallée, désormais praticable aux voitures, où les roues ont, à la longue, creusé dans la pierre une double voie utilisée comme les rails d'un tramway par les chariots, par les brouettes. La circulation est très active, une animation de banlieue. A l'importance des convois transportant caisses et ballots, à la quantité de petits marchands, de paysans trimballant leurs paniers de légumes, à l'élégance relative de certains équipages, à la mise moins négligée de quelques passants, on sent que la grande ville n'est pas loin.
Ce matin, entre dix et onze heures, nous entrons dans les faubourgs. Dans les ruelles étranglées, fétides, la cohue est indescriptible. Nos chaises parviennent à passer cependant, et c'est vraiment miracle. Encore un mort — le troisième depuis Tchoung-King — que j'aperçois dans le ruisseau parmi les épluchures, près d'un chien crevé. Personne ne s'en préoccupe ; chacun vaque à ses petites
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affaires, abandonnant aux mouches le cadavre et la chai-ogne.
Un arrêt brusque. De quoi s'at{it-ir? \ous sommes au r43mpari et, juste sous la porte, des individus en haillons, s^ présentant comme agents de police, demandent à voir n^zps passeports. J^oppose un refus très net et fais répondre qi^A ^ des gens de notre qualité n'exhibent point leurs papiers erm, pleine rue sur l'invitation de vagabonds quelconques sii. mifcs uniformes... et sans le chapeau î Kn route. Les porte «-«. rs reprennent leur élan, les soi-disant policiers n'insiste m'm t pas. Nous passons.
JTjCS rues à présent sont plus larges, presque propres, lïOM^dées de magasins à devantures guillochées et dorées. Dcis^ étoffes brodées, des bijoux d'or et d'argent, mille ^311:3 «lots inutiles, mais charmants, de jade et de porcelaine, ^hl o: ombrent les étalages. De loin en loin, paraît une chaise ^ X^^rteurs fraîchement peinte, dont les jalousies à demi «-'lo^es, laissent entrevoir la silhouette d'une jolie fille aux J<^i-»^s fardées ou d'un jeune élégant en robe de soie de ^^*-»leur tendre. Le quartier a vraiment bon air. C'est la pr^amière fois qu'une ville chinoise nous montre autre ^■^^=>se que des guenilles et des ruines.
I^'auberge elle-même est presque présentable, comparée ''^'^^^w abominations de ces derniers jours. Mais nous n'y '^•-***cjns séjourné qu'une couple d'heures. Nous voici main- ^^li^Xnt installés à la Mission française, suivant le désir $^**^Ciieuseraent exprimé par MgrDunan, vicaire apostolique ^^ ^é-Tchoucn occidental. Notre première visite avait été
I^^-^vi^x* nos compatriotes si durement éprouvés il y a quelle* ^^ s mois, pourchassés, menacés de mort et qui n'ont ^^-^iiTit encore achevé de réédifîer leurs églises, leurs maisons
^^^**uites par l'émeute. Durant notre entretien avec c(*s mes d'élite pour qui le péril est un stimulant, heu-
^ ^^ >c et joyeux, aujourd'hui comme hier, dans Taccom-