CAPITALE DUSÉ-TCHOUEN. TCHKNG-TOU ET SES ENVIRONS
Mars-avril.
Comme la plupart des grandes cités chinoises , 'cheng-Tou, ne montre guère à l'arrivant que ses laideurs t ses scories. A distance pourtant, sous un jour discret, c matin, au crépuscule, le premier aspect n'est pas sans ;randeur. Et c'est précisément cette image un peu voilée ont je voudrais conserver le souvenir. Je me rappellerai e préférence la capitale du Sé-Tchoueu très loin, à horizon, à Tétat de grisaille, relief à peine accusé sur immensité de la plaine alluviale rayée de canaux, par 3squels les eaux sauvages, captées à vingt lieues dans ouest, au sortir des monts, s'épanchent d'une lente oulée à travers les champs de pavots, dans les colzas, ans les rizières où les épis déjà hauts s'agitent au veut lu soir.
Les approches sont affreuses. Dans Tinterminabie faubourg et même une fois la porte franchie, tout n'est qu'orlure, délabrement, guenille. Tandis que ma chaise faisait
■fit LE TULU D'â^lK.
cahin-calia sa trouée ù fruvcrs In foule compacte, dêcnufiait dwu cette pâte huDiaitie UD profond aillou, aussitôt refermé, te traiaait péniblcmeiit de ruelle en ruelle, éraflunl ftBpusage un pao de mur. une façade branlaute, butant ici contre uoe enseigne, plus loin contre un aiuus de décombres, j'avais peine ù me persuader qae c'était \k.~. l'opalente cité, autrefois capitale d'empire, dont Is"' magnificence émerveilla les premier! explorateura. Oà^J donc wnt les rues spacieuses, les maisons peiates t doréei, le» magasins bondés d'étoffes de prix, les c i porteurs tendues de soie et de broeart, le brillant décor^ entrevu par HarcoPolo?
Il existe encore, cependant, tel ou peu s'en faat que Vt"! décrit te voyageur vénitien. Sealemeitt, ce que c oublie de nous dire, dans sa relation peut-être légèremeâf ^ flattée, c'est que ces jolies choses ne forment qu'une partie, une très petite partie de la ville. II faut, pour les découvrir, faire preuve de patience, se résigner à de longs circuits dans un lubyrintbe de couloirs bordés de maisons lépreuses, se heurter îi des impasses, enjamber des monceaux de détritus de toute nature, des llaques, tituber sur les dalles disjointes et glissantes, recevoir en plein visa<|e l'baleinc empestée des bougies : -it/aur/uilnperatiffusla. I.c promeneur, il est vrai, sera récompensé de ses peines; sa surprise est ([raude lnrs(|u'îl débouche inopinément dans unelarge i-ue tirée au curdciiu, umnie de trottoirs, égalée par les ors et les laques des boutiques où trônent les marchands de soieries, les bijoutiers, les cbangeurs, par les étalages où chatoient les porcelaines polychromes, les bronzes, les cuivres. C'est nn spectacle inattendu, unique peut-être dans les dix-huit provinces, une Chine remiscà neuf, pimpante, soudainement révélée au sortir d'un cloaque : fleur épanouie sur un fumier, miniature agréable dans nn cadre vermoulu.
Echelle de l/Soooo