BOUTADE
et commerçante, située entre la France, l'Italie et l'Allemagne.
Simple rappelle la campagne vaudoise, l'argent, la neige étendue sur la croupe des montagnes; il manque à l'étendard vaudois de Vazur pour figurer le Léman.
On peut dire avec et sans figure que le lac est un diamant de lu plus belle eau.
Il manque au paysage genevois dans lequel fourmillent les maisons modernes, c'est-à-dire les habitations blanches à contrevents verts ou gris, des vieux édifices; les guerres ont l'ait disparaître un grand nombre de manoirs dont les noms seuls subsistent éjKirs dans les annales de la contrée.
lin 1589 les habitants de la ville Taisaient des sorties pour éloigner les troupes de Savoie et détruisaient les châteaux de Veigv, d'Llremblières et de l'Ilermitage; l'année d'après ils rasaient impitoyablement, pour leur sûreté, ceux de Pouilly, Vesancy, (irand-Saeeonex, Vernicr, Thoiry, Tournay, Divonne dans le Pays-de-Gcx ; et dans la Savoie ceux de Gaillard, Corsingc, Compcsières, Montoux, Laconex, Beaumont, La Grave, Saeonex, Villars, La Perrière, Ogny et Conlignon.
BOUTADE TIW
Ceci joint aux expéditions antérieures dos Bernois, grands brûleurs do logis féodaux, nous explique pourquoi les constructions antiques sont si rares aux environs de Genève.
Quant aux couvents il n on faut pas parler, on devine ce qui les a fait disparaître. Ne su (lisait-il donc pas do séculariser moines et nonnes? Pourquoi renverser leurs retraites, gens de l'Évangile?
Ce qui me déplaît dans les réformateurs, c'est leur fureur d'iconoclastes; — toutes les réactions sont violentes, la Réforme en était une contre le culte des images, des matérielles représentations.
Kjilisr de Onlliod.
t crncç.
l'cruey, 40 sept.
Tu connais ce lieu très renommé, mon cher Émile, et tn as cela de commun avec tout le genre humain ; car qui n'est pas venu ici a lu dans maints livres la description du château en général et de l'appartement du rez-de-chaussée en particulier qu'habitait l'illustre railleur; donc je ne te dirai rien du nombre, de la forme et de l'étoffe des fauteuils dudit appartement, des tableaux qui les décorent, des reliques (non pas religieuses!) que tant de pèlerins dévots ou non, croyants ou incrédules, sont venus tàter, palper, écorner, flairer et rogner, des objets soustraits frauduleusement ou obtenus à prix d'argent de la cupidité du concierge, des rideaux du lit arrachés par lambeaux et de mille autres
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folios do oo genre dont on parle depuis quelques soixante ans. — Tu sais mon horreur pour 1rs redites et j'aime à eroiro que tu la partages.
La première fois que je vis Forney, je fus considérablement désappointe, je trouvai eertes ravenue belle, l'habitation spacieuse, le pays sain et joli, rien ne me parut très remarquable, mais je me dis :
C'est In demeure de Voila ire.
T)one tout voyageur lettré ou non, littérateur ou oalioot, croit no pouvoir pas se dispenser de Thonorer de su prêsenee... Il se détourne do sa route et vient voir... quoi ?
Une couchette comme il y on a beaucoup dans les garnis du quartier-latin, des sièges Louis XV comme on en trouve partout, des lambris qui n'ont rien do trop luxueux, une chambre très ordinaire et parfaitement dévastée, un jardin distribue comme tous les jardins, un montreur bavard, ennuyeux et sot comme tous les individus de celte espèce, et tendant la main, dans le
vestibule, à la sortie, pour recevoir son salaire; — cet bommo explique, selon l'usage, ce qui n'a nul besoin d'explication.
C'est tout.
On s'en va peu satisfait, peu émerveillé au fond, mais on peut dire sans mentir :
J'ai visité Ferney.
IKlîMY. 227
Je ne sais pas trop pourquoi je suis revenu dans ce bourg d'assez bonne mine, qui doit sa prospérité à Voltaire, à la route de Paris qui le traverse et au voisinage de (ienève.
Avant que l'auteur de Zaïre n'eût acquis cette terre, Ferney n'était qu'un hameau misérable dans un petit vallon marécageux. Des chemins furent percés et le trop plein de l'industrie genevoise, c'est -h - dire de l'horlogerie, s'épancha dans le village» qui ne tarda pas à s'accroître.
La Restauration n'a pas voulu que Ferney hit compris dans les villages livrés aux Genevois.
De ce côté notre frontière n'est qu'à une lieue de la Home protestante.
A peu du distance de ce hourg dont le nom véritable est Fernex, en tirant vers le canton de Vaud, on trouve le village de Bossy, que l'on ne visite guère. Rousseau y passa quelque temps, dans son enfance, chez le pasteur * du lieu, comme il le dit dans ses (Ion fessions.
Ainsi Jean-Jacques, encore imberbe et insoucieux de l'avenir, habita tout près de l'endroit où Voltaire, vieux,
décrépit, morose et malade, devait se retirer.
Ce rapprochement et celui que j'ai fait à propos de Genthod et de Prégny, — la contrée des naturalistes, — me font presque croire qu'il y a des localités prédestinées à certaines classes de. grands hommes.