XIV. Par une bulle du 25 mai 1754, la Vierge de
Fe la Guadeloupe était proclamée la protectrice et la
patronne du Mexique, et sa fête fixée le 12 décem-
bre.
Le 12 octobre 1895, en vertu d’un Bref de Léon XIII, avait lieu dans la basilique, la fête à jamais mémorable du Couronnement de la tima. L'archevêque de Mexico, entouré des dignitaires ecclésiastiques, venus des deux Amériques en présence d’une
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foule innombrable de pèlerins, au son des mille cloches de la capitale, couronnait d’un diadème d’or, couvert de rubis, de saphirs et d'émeraudes, le front de la Vierge de la Guadeloupe. Mgr l'archevêque de Québec représentait le Canada, à cette solennité inoubliable.
La ‘asilique de la Guadeloupe, de style Renaissance, est très belle et érès riche. Sa voûte peinte en différentes couleurs, où le bleu domine, et ses murs décorés à fresque charment le regard. Les balustrades qui entourent les autels sont en argent massif.
Nous achetons des médailles et nous retournons à Mexico, qui est à quatre milles de la Cuadeloupe,
par le tramway électrique. Nous aurons l'insigne
bonheur de dire la sainte messe, mardi prochai, à l'autel de la tilma.
11 FÉVRIER. — Ce matin, durant ma messe célébrée dans la chapelle de saint Philippe de Jésus, en la cathédrale de Mexico, j'eus un souvenir spécial et attendri pour l'infortuné Iturbide, empereur du Mexique ; et c'était, il me semble, de stricte justice,
100 LE TOUR DU MEXIQUE car je suis dans sa capitale, je loge dans son palais et je dis la messe près de son tombeau.
Ce fut une carrière mouvementée que celle de Iturbide :
Né à Valladolid, aujourd’hui Morelia, le 27 septembre 1783 ; il était soldat à l'âge de quinze ans. Il se montra défenseur dévoué du régime espagnol jusqu’en 1814, époque où il épousa la cause de l’Indépendance et en devint le plus ardent partisan Placé à la tête de l'armée des patriotes, après une série de victoires sur les royalistes, il entrait en vainqueur dans la ville de Mexico, le 21 septembre 1821, et recevait du peuple mexicain le titre de Libérateur. Elu empereur du Mexique par le Congrès de 1822, il recevait l’onction royale, le 21 juin de la même année, sous le nom de Agustin Ier Mais la révolution qui avait créé l'empire, créa, le 6/décembre 1822, la république, qui fut proclamée à Vera-Cruz, par le général Santa-Anna. Iturbide dut prendre le chemin de l'exil ;accusé peu après de haute trahison, il fut condamné à mort et fusillé, le 19 juin 1824.
Ses derniers moments furent ceux d’un chrétien.
Il distribua son argent aux soldats, et remit au
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chapelain son rosaire pour son fils. Avant de commander le feu au peloton d’exéeution, il prononça ces mots : “ Mexicains ! au moment de mourir, je vous recommande l'amour de la patrie et de la foi catholique et romaine. Je meurs pour être venu à votre aide, content de périr parmi vous. Je ne suis pas un traître ; Adieu ! ”
A 9 heures, nous allons visiter l'immense musée national de la capitale : c’est le plus riche et le plus considérable du continent. Dans la première salle, sont exposés les trésors archéologiques provenant des races préhistoriques du Mexique, spécialement les idoles des Toltèques et des Aztèques.
La mythologie mexicaine n’est pas poétique com-
me celle d'Homère, car parmi cette multitude de dieux grossièrement sculptés, que nous avons sous nos yeux, nous ne trouvons ni des Apollons ni des Vénus. La pierre du sacrifice du grand téocali, sur laquelle on immolait des victimes humaines et le calendrier astronomique qui a beaucoup de similitude
avec celui des Egyptiens, dit-on, nous font connaître
mers