CHAPITRE DOUZIÈME
ieds- — utra- h Il faut aller à MirLA. — Les Américains sont plus alertes ! Dale que les Canadiens, -- Le gros arbre de Tule, — Le È mmes soleil est à Pic.—TLACOOHAHUAYA. — TLacozura, — 1 : Des vers de Shakespeare, — L'hacisnda de Don Félix Ë ; EE Quero. —— Un examen d'écoles. — Les ruines de H 3 table. Mitla. —— Que de paniers ! — Le photographe prend É fants, un joli groupe. —Les Borges de montagnes affreuses, — è 5 ten- On voit faire des tortillas à TOMELLIN, — Un repas iettes. plantureux, -- Un vieux garçon grincheux, —— Les prceau bains de TEHUACAN, Où nous avons failli devenir yident, poètes, — Le rendez-vous de tous Jes oiseaux.
nt pas OUS Venez sans doute à Mitla ?
Mais certainement, cher Monsieur, c'est Pour cela que je viens d'acheter cet énor-
me sombrero en belle paille du pays.
Question et réponse très à la mode, ce matin, dans notre train, Nous partons, le 20 février, à 11 heures, apportant avec nous, une de ces boîtes
D ne errant
que le nègre distribue si libéralement : c'est le lunch qui se prendra en chemin.
Visiter le Mexique et ne pas se rendre à Mitla ; ce serait comme faire son tour d'Italie et ne pas voir Pompéi, comme aller en Egypte et omettre le pèlerinage aux pyramides et aux ruines de Karnak. C'est manquer ce qu'il y 4 de plus intéressant dans tout le voyage, proclame doctoralement notre itinéraire,
En route done pour Mitla !
Nous quittons Oaxaca en tramways, puis nous faisons cinq à six milles en chemin de fer, et le reste du trajet, soit vingt-quatre milles, doit être parcouru en simple voiture tirée par des mules.
Nous Canadiens, nous nous étions bien promis de ne pss être lents à descendre du train, pour choisir une des meilleures voitures mises à la disposition des touristes. Mais hélas ! les Am“:': .ins ont fait le même vœu que nous ; et c’est dans le voisinage du plus triste équipage imaginable, que nous nous retrouvons tous les trois, après notre recherche
d'une voiture décente. Notre attelage n’est ni de Première ni de troisième classe, mais il faut bien embarquer quand même, c'est la seule voiture libre.
Nous sommes ici, au village de Santa-Maria-de- Tule. Sur la place de l'église, s'élève le plus gros
arbre du monde, qui a dû abriter sous son feuillage
plusieurs générations de Toltèques, au VIIe siècle. Le tronc de ce géant de la végétation a 154 pieds de circonférence ; vingt-huit personnes se tenant par la main, les bras étendue, l'embrassent à peine, Humboldt, le célèbre explorateur allemand, qui a visité le Mexique en 1803, à fait placer dans cet arbre une tablette avec inscription ; aujourd'hui cette tablette est à moitié cachée par l'écorce qui l'a envahie (1).
() Le gros arbre de Tule, de la famille des ahuahuetes, s'il est le roi du règne végétal, par son diamètre, il ne détient pas la palme cependant par la hauteur, car il n’a que cent vingt pieds, En Californie, des sequoias ont trente pieds de diamètre et trois cent cinquante pieds de hauteur ; et le Gros-Ben de l'Australie a cinquante-six pieds de circonférence et plus de quatre cents pieds de hauteur.
LE TOUR DU MEXIQUE Maintenant poussons nos mules vers Mitla.
La route est sablonneuse, malaisée et fertile en cahots. Deux chaînes de montagnes encadrent notre chemin, et pour perspective lointaine, nous avons une autre chaîne de montagnes. Le so! brûlé par la sécheresse de la saison, n’a aucune verdure. Cepen-. dant nous voyons des troupeaux de bœufs brouter dans la bruyère. Le soleil, juste au-dessus de notre tête, lance ses rayons de feu verticalement ; pas la moindre brise dans cette atmosphère embrasée : c'est comme durant les chaleurs suffucantes de juillet ; et nos deux rossinantes ne se pressent pas. Nous souhaitons tout bas, aux amis du Canada, comme pendant à notre malaise, la plus Lelle poudrerie de l'hiver. La monotonie et le silence de la route ne sont interrompus, que par la rencontre de quelques lourds chariots traînés par des bœufs, et, par les grognements rauques de notre cocher et les claquements terribles de son fouet sur les travails de la voiture. Les autres touristes nous dépassent, les uns après les autres, en nous jetant un petit air de pitié, qui devrait faire rougir nos mules, si elles avaient pour deux sous de fierté.
Nous traversons presque au galop, l'antique vil-
LE TOUR DU MEXIQUE 173 lage de Tlacochahuaya, à demi caché derrière une haute haie de cactus qui borde Je chemin public. Quel peuple déguenillé et démoralisé demeure dans ces paillottes misérables ! Au passage, nous sommes salués par les mille aboiements des chiens du bourg ; tandis qu’à côté des roues de notre
À quelques cinq milles plus loin, nous arrétons dans la ville indienne de Tlacolula, Pour donner un Peu de repos à nos mules. Nous Profitons de cet arrêt pour faire notre visite au Saint-Sacrement, dans la vieille église de l'endroit. Qu'il est doux pour le catholique, pour le prêtre surtont, de pouvoir s'agenouiller dans tous les Pays de l'univers, au
Pied du tabernacle de ce même Dieu qui a rempli
de joie sa Jeunesse !
Il y a marché à Tlacolula, aujourd’hui : beaucoup de vendeurs mais Peu d'acheteurs. Ici encore, nous Sommes entourés de toute la jeunesse, plutôt brune que dorée, qui semble ne savoir faire qu’un mouvement : tendre la main ; et ne savoir dire que ces mots : deme un centavo, donnez-moi un sou.
Pur
Nous arrivons à Mitla vers 5 heures, harassés et presque éreintés. Notre première préoccupation fut non pas de trouver les ruines, mais bien M. Campbell, pour décharger dans son gilet nos amers griefs. En parfait diplomate qu'il est, notre gérant sut rasséréner ros âmes endolories, en nous citant des vers sublimes de Shakespeare, que nous n'avons pas compris.
Nous trouvons asile dans la magnifique hacienda de Don Felix Quero. Depuis longtemps qu'on nous parle de l'hacienda mexicaine, et jusqu'à aujourd'hui, nous ne savions point au juste ce que c'était.
Ici, nous en avons une idée exacte. L'hacienda comprend une spacieuse maison d'habitation et tous les édifices que comporte une exploitation agricole. Elle est entourée d’un mur d'enceinte, garni parfois de meurtrières et de créneaux, pour être à l'abri d’un coup de main. Les Indiens habitent, en-dehors du mur d'enceinte, des cases en briques cuites au soleil, ou en bambous.
L'hacienda de Mitla, baptisée “ La Sorpresa, ” est
une très grande bâtisse avec une splendide cour inté-