‹ Le tour du Mexique [microforme]Chapitre 30 sur 44 · USA · texte numérisé non relu

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d'avec la mère-patrie ? L'histoire nous indique deux causes principales : l’étroitesse de la politique du pouvoir colonial et les monopoles excessifs qu'exerçait l'Espagne sur le pays.

De tout temps, les Espagnols de la Péninsule avaient considéré le Mexique, comme un champ d'exploitation, qui leur était exclusivement réservé ; les Aztèques, les premiers maîtres du sol, étaient tenus dans un état de servage pratique. Pendant près de trois ,sièdles ces pauvres Indiens furent exploités et complètement négligés. Exceptons cependant le clergé qui n’a jamais cessé de les prendre sous sa protection : beaucoup de curés étaient indiens.

Sous le régime colonial, le Mexique était gouverné par un vice-roi et l'audience ; — un sénat composé que d’Espagnols nés en Espagne. — Ceux-ci, dans leur chauvinisme mesquin, s'étaient toujours opposés systématiquement que les blancs nés au pays (Les créoles) exerçassent de l'autorité et fussent quelque chose par eux-mêmes dans leur patrie. On le comprend aisément, cet état de chose créa une rivalité sourde et profonde entre les natifs d'Espagne et les

natifs du Mexique, rivalité qui dégénéra bientôt

en jalousie violente.

Quand en 1808, Napoléon emmena Ferdinand VII en captivité à Bayonne, les Mexicains profitèrent du chaos qui existait en Europe, pour conquérir un peu d'autorité dans leur Souvernement : ils demandèrent rien moins qu’une assemblée nationale. Le vice-roi Iturrigaray qui régnait alors, épousa la cause du peuple, mais les Espagnols de l'audience se croyant lésés dans leurs prérogatives firent saisir le vice-roi dans le palais national et le confinèrent, ainsi que ses deux fils et plusieurs Mexicains notables, dans les prisons de l’Inquisition. Ce coup d'Etat plus qu'audacieux blessa la nation jusqu'au cœur, et on ne songea plus dès lors qu'à se venger de l'insulte. Partout surgirent des réunions clandestines de patriotes, où l’on complotait un soulèvement contre le Pouvoir ombrageux et arbitraire de l'Espagne.

Dans cette surexcitation des esprits ce fut le curé Hidalgo qui mit le feu aux poudres,

Don Miguel Hidalgo y Costilla, né en 1747, était alors curé de Dolorès. C'était un prêtre très actif et très dévoué ; il avait enseigné à ses ouailles la

manière de cultiver la vigne et d'élever des vers à soie. Le sol et le climat se prêtaient admirablement au succès de ces deux nouvelles industries. Mais Hidalgo avait compté sans le monopole gouvernemental qui y trouva à redire. L'audience de Mexico fit couper les vignes et arracher les mûriers plantés par les paroissiens de Dolorès. Le vieux curé fut excessivement vexé de cet odieux procédé, et de complot avec ln garnison de San-Migue:, il résolut de secouer le joug de l'Espagne devenu intolérable. Dans la nuit du 16 septembre 1810, Hidalgo convoqua ses partisans armés seulement de bâtons et de couteaux, au son de 1n cloche de son église ; et sous la bannière de Notre-Dame-de-la-Guadeloupe, cet étrange curé marcha de victoire en victoire. Trahi par un des siens, Hidalgo fut fusillé à Chihuahua, le 31 juillet 1811. Les deux curés Morelos et Matamoros, continuèrent la lutte pour l'Indépendance, celle-ci ne fut proclamée formellement que le 6 novembre 1813. L'Espagne perdait irrévocablement le Mexique, le plus beau et le plus riche fleuron de sa couronne.

Nous arrivons à San-Luis-Potosi à 7 heures

dans la soirée, par une pluie battante. Encore une

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