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Avant de passer du kamjjOng chinois dans le kampong javanais, je dois visiter le grand marché couvert, ainsi nommé par opposition aux marchés en plein vent que l'on rencontre partout dans les villes de l'Inde.
Ce bâtiment se compose de trois longues galeries parallèles, formées par d'énormes piliers soutenant un toit qui s'abaisse de chaque côté jusqu'à hauteur d'homme ; à l'intérieur, dans des magasins de diverses grandeurs séparés par des cloisons de bambou, les marchandises sont étalées, les unes sur la terre nue, les autres sur le bali-bali. Dans cette vaste halle, tous les produits du pays sont réunis pêle-mêle ; les légumes s'y vendent à côté des étoffes, l'arme tout près de la
batterie de cuisine. Ici, un boucher détaille la viande d'un buffle qui vient d'être abattu, côte à côte avec un marchand de poisson qui dépèce un requin ou vend Vikanquuc, le poisson le meilleur et le plus fin de la mer de Java.
Les odeurs les plus repoussantes mêlées aux parfums les plus exquis, le jasmin et la marée, l'œillet, le benjoin, l'horrible puanteur qu'exhale le dourian, le plus gros de tous les fruits ; l'ùcre saveur des mèches de fibres de coco, qui brûlent constamment h l'intention des fumeurs, viennent tour à tour frapper mon odorat : mais, chose singulière, ce qui, à lialavia, avait naguère failli m'asphyxier, n'est plus pour moi qu'une sensation
Marché en [jlein
superficielle, et je prévois que je m'y habituerai, aussi bien ([u'à l'atmosphère torride du pays, dont je me surprends déjà souvent à goûter avec délices les brûlantes caresses.
Le quartier javanais est lui aussi une ville, mais une ville de bambou et d'atap ', où l'on ne rencontre que trois ou quatre bâtiments en maçonnerie : la mosquée javanaise avec ses portes, son enceinle sacrée et le tombeau des Radhcn', et le grand cimetière javanais, entouré de murs percés de portes monumentales.