‹ Le tour du mondeChapitre 9 sur 67 · V - ans · texte numérisé non relu

V - ans

La mort lente ou le supplice des couteaux est iuiligée pour le crime de trahison ou de lèse-majesté, pour le parricide et l'inceste. Les apprêts de ce supplice doivent redoubler encore les angoisses du condamné : attaché solidement à im poteau , les muins et les pieds serrés ]iar des cordes, il a le cou pris dans un carcan; puis le magistrat chargé de veiller à l'exécution tire d'un panier couvert un couteau sur le manche duquel est désignée la partie du corps qui doit être frappée par le bourreau. Cette affreuse torture se continue ainsi jusqu'à ce que le hasard ait désigne le cœur ou tout autre organe vital. Disons vile que , le plus souvent, la famille du condamné achète à prix d'argent l'indulgence du juge, qui s'arrange pour tirer de suite du panier le couteau qui doit donner le coup mortel.

Devant de telles pénalités, devaut les hideux et fréquents spectacles qu'elles donnent, comment s'étonner que les Chinois soient familiarisés de bonne heure avec la mort, et que les femmes et les enfants même possèdent au plus haut degré le courage passif qui la fait affronter avec calme? Pour beaucoup de ces pauvres gens, ce n'est que la (in d'une misérable et douloureuse existence.

A. POUSSIELGUE {La suilc à la prochaine livraison)

iilure chinoise.

Séance d un IriLuiiui cUinuij, — Dessin de Vaumort d'après une estami-

RELATION DE VOYAGE DE SHANG-HAI A MOSCOU

PAR PÉKl-N, LA MONGOLIE ET U RUSSIE ASIATIQUE,

REDIGEE d'après LES NOTES DE U. DE BOURBOULON , MINISTRE DE FRANCE EN CHINE, ET DE Mme DE BOURBOULON

PAR M. A. POUSSIELGUE '

LA JUSTICE ET LA POLICE (suite).

Scènes du prétoire de justice à Tien-tsin. — La bastonnade. — Voleur condamné au supplice de la oangue, nourri par sa femme. — Les juges, le bourreau et les officiers de justice. — U poUce de Pékin. — Les mendiants. — La maison aux plumes de poule. — Les incendies. — Pompes et pompiers, etc.

Nous avons parlé avec assez de détails, dans le chapitre précédent, du système de la pénalité chinoise. Nous croyons convenable d'épargner aux lecteurs l'éniimération des supplices dont l'ancienne législation menaçait les coupables, et dont les représentations plastiques, étadées dans les prétoires, suffisent pour révéler aux générations actuelles la sévérité impitoyable et l'épouvantable recherche de cruauté de leurs ancêtres (voy. p. 68). Au lieu de nous appesantir sur ce sujet

Page 1