SHANGAÏ — LES PRISONS INDIGÈNES
la seule tête dehors de manière à ne pouvoir la rentrer.
J’ai parcouru les prisons, elles sont dans la rue, à la vue du public. Des barreaux de bois ou de bambou laissent voir les prisonniers maigres et hâves, trainant leurs pieds dans les chaînes ; is viennent me tendre leur main desséchée pour demander l’aumône. Je donne à chacun quelques sapêques, car ils reçoivent juste assez de riz pour ne pas mourir. Un gardien se tient immobile jour et nuit devant chaque prison. Le spectacle est bien triste, et pourtant les tortures antiques ont presque disparu, et les punitions actuelles sont fort mitigées. On dit que le bambou est nécessaire pour retenir les malfaiteurs: espérons qu’avec le temps on trouvera un meilleur système.
À 11 h., j’assiste à la Conférence de S.-Vincent de Paul: elle est bien conduite et promet beaucoup. Dimanche prochain elle décidera si elle doit ou non commencer la fondation d’un orphelinat pour les garçons ; elle a déjà deux orphelins à sa charge, et plusieurs familles pauvres reçoivent ses visites ; les membres sont au nombre de 12, la plupart Portugais.
Je quitte la plume pour aller diner chez M.
Galambert. Il m’apprend que, aux avantages déjà