SHANGAÏ — LE TRIBUNAL INDIGÈNE
mêmes qui donnent à faire à la Justice. Les voleurs sont habiles et ont presque tous des spécialités: les uns volent des pipes, les autres coupent les poches, d’autres cherchent ies habits ; cela tient à la spécialité des recéleurs.
Souvent les objets volés sont portés aux montsde-niété qui ici ne sont pas gratuits ; ils perçoivent le 2 0/0 par mois. Au lieu de torturer ces pauvres malheureux, qui n’en sont pas corrigés, on ferait mieux d’en purger la société et de les envoyer peupler quelques-unes des îles désertes si nombreuses dans les mers de Chine. Un grind nombre sont arrêtés pour jeu: c’est la passion dominante du Chinois; sur ce point il est incorrigible.
— Je visite le tribunal dans la ville chinoise : les audiences y ont plus de publicité, elles ont lieu sous un hangar dressé sur la place. Les prévenus arrivent, la chaîne au cou, se mettent à genoux, subissent un interrogatoire et reçoivent les condamnations. Lorsque le bambou ne suffit pas pour les faire avouer, on les place sous une presse dont on serre les vis; rarement ils résistent à cette épreuve. J’ai vu là des cangues de divers poids, et quelques-unes extrèmement lourdes. J’ai vu aussi une espèce de cage dans laquelle le patient est enfermé debout avec
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