‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 116 sur 307 · HONG-KONG · texte numérisé non relu

HONG-KONG

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En mer de Cochinchine sur le steamer Aratoon-Aphar 19 Novembre 1881.

A Hong-Kong, à Canton et à Macao, j” ai un peu écourté ma visite, et le temps m’a manqué pour écrire mon journal. Je le fais ici maintenant sur le bateau, quoique le mouvement soit assez fort et que le mal de tête qu’on éprouve en mer soit peu favorable à la rédaction.

C’est le samedi, 12 9, à 8h. du matin, que le Kasgar, steaméer de laO. Peninsular, ou P. and. O, comme l’appellent les Anglais, catrait dans le port de Hong-Kong. Déjà, aux approches de cette ville, nous voyons les collines des iles arides devenir plus vertes et plus boisées, et au détour d’un cap, nous apercevons la ville de Hong- Kong échelonnée le long d’une montagne escarpée à 45 degrés. Le vent du sud-est est arrôté par un rocher; 1l paraït que l’été on rôtit dans la ville. Les Anglais ont bâti des maisons à la cime des pics, et des coolies les y portent en chaise le soir, pour qu’ils puissent respirer pendant la nuit. Le port est une vaste nappe d’eau enfermée soigneusement entre des iles ; de nombreux navires y sont à l’ancre: J’v remarque les séamer de la

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HONG-KONG — LE PORT 133 Pacific mail qui vont à Yokchama et à 5S'-Francisco, les navires des Malles anglaïse et française, les navires qui vont Journellement à Canton et à Macao, ceux qui vont chaque semaine à Manilla dans les Philippines, d’autres qui vont à Saïgon et à Bankok, et un qui part chaque trois mois pour Sourabaya, Samarang, Batavia, et enfin ceux de l’Oriental pour l'Australie, sans parler des steainer à opium des Compagnies Jardine et Sassoun, qui vont chaque mois à Calcutta prendre l’opium du gouvernement anglais destiné à empoisonner la Chine.

Je vois aussi plusieurs pontons et navires de guerre anglais et une grande quantité de jonques chinoises ; mais ce qui fourmille, ce sont les sampans, sorte de gondoles qui servent de logement à toute une famille. La femme rame avec le mari, et souvent seule avec sa fille, pendant que le mari fume sa pipe. Elle n’a pas ici les pieds estropiés; cet honneur, dans le sud de la Chine, est reservé aux ciasses élevées ; elle est habiliée comme dans le nord: pantalons et blouse, elle porte des bracelets d’ argent aux pieds , et à la tête de beaux pcignes ou épingles d’argent ou de jade.

C’estsur un de ces sampans que deux femmes déposent mes malles etrament pour me conduire à ter-

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