‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 131 sur 307 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

Canton. — Les pirates. — L'industrie. —

La torture. — Macao. — La grotte de Camoëns.

Lundi , 14 97, À 8 heures du matin, me voici en route pour Canton sur le Xiu-kian grand River-sleamer à deux étages et à deux roues, comme on les voit sur les fleuves d’ Amérique. Dans l’étage inférieur, des centaines de Chinois sont entassés et accroupis dans tous les coins : les uns fument la pipe, les autres l’opium; ici, un groupe écoute un conteur d’aistoires; là, d’autres sont attentifs à la musique qui se fait entendre dans le salon des femmes.

Ce salon est à l’arrière; j’y vois environ 150 Chinoises et plusieurs bébés; les jeunes filles sont pinturlurées, fardées, et chargées de bracelets. Ces passagers payent 40 cens (2 fr.) de Hong-Kong à

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150 L'ÉCHOUAGE DU FOUYOU

Canton. A l’ étage supérieur, les Chinois de 1r° classe payent 1 dollar 1/2: je vois parmi eux plusieurs lettrés à grandes lunettes. Un salon spécial est réservé à l’avant pour les Européens : ceux-ci payent toujours double partout, leur prix de passage est de 3 dollars (15 fr.).

Nous naviguons dans un labyrinte d’iles arides et rocailleuses; si elles étaient boisées, on se croirait au Japon dans la mer intérieure; l’eau est de couleur vert de bouteille. Partout des bateaux de pêcheurs réunis en grandes compagnies; par-ci, par-là , de longues lignes de pieux | fixés au fond pour tenir les filets.

Au détour d’un cap, nous apercevons le Fouyou, steamer chargé de riz, en route pour Canton. Quoique en plein jour, à cause de la pluie et du brouillard, il s’est engagé dans les rochers et on le décharge pour le mettre à flot, un grand nombre de jonques tirées par un remorqueur viennent en recevoir le chargement,

J'essaie de renouveler ma visite à l” étage inférieur, mais je trouve tout barricadé: les pas- à sages des escaliers sont recouverts de grilles en LA fer assujetties par un cadenas et, à chaque porte, un Portugais est posté, le sabre à la main, prêt à larder les Chinois. Je demande la raison de ces précautions ; on me répond qu’il y a 5

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