‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 178 sur 307 · PENANG - LE PETIT SÉMINAIRE DES INDIGÈNES · texte numérisé non relu

PENANG - LE PETIT SÉMINAIRE DES INDIGÈNES

blim qui sert à assaisonner le riz, la pomme rose etc; elles me font ainsi une corbeille qui me suivra au bateau; quel dommage que tout cela ne puisse se conserver pour me suivre jusqu’à Nice!

Je reviens chez le Père Grenier des Missions- Etrangères de Paris, qui m’invite à déjeuner, et me parle des frères de la Doctrine chrétienne, qui ont, à côté, une école florissante. Plus loin, à 3 milles, les Pères ont le petit séminaire des indigènes Chinois, Japonais, Malais, Hindous, destiné à former le personnel qui cat ‘angéliser ces nations ; il compte une centaine d’élèves.

Après le déjeuner le Pêre m’ accompagne au navire et il me quitte, heureux d’avoir trouvé un français non communard!.. Sur le navire les Chinois ont disparu, il ne reste plus que les Hindous; je vois dans la cale une quantité de Jingots d’étain; les mines de Perak, dans le Comté de Wellesley, sont riches et produisent le meilleur étain connu.

À 11 heures le navire est en marche, 7.

admirons encore les belles forêts de cocotier: Les planteurs font de bornes affaires; le cocotier produit ie fruit après huit ans et chaque arbre donne un produit net de 3 f. par an; si on en plante cent mille cela fait 300 mille fr. de

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LES DEUX PETITES FILLES VOLÉES. 205 revenu net. On brise la coque et on envoie la pulpe de la noix en Angleterre; là, on en extrait l’huile qui est convertie en savon. Les plantations de sagou et de tapioca, de poivre, de noix muscades, de café, de cannes à sucre donnent aussi de beaux bénéfices.

Le soir, pas de jeu dans le salon; c’est Dimanche. L? Anglais ni } Américain ne se permettent aucun Jeu ce jour-là.

Lundi, 28 Novembre. Il souffle un vent froid, ae grand matin, 1l nous pousse rapidement ; peut-être nous arriverons, Vendredi 2 Décembre, à Calcutta. Nous longeons les îles Sayar couvertes, elles aussi, d’une végétation tropicale; dans le jour , la chaleur redevient accablante, je m’endors sur le livre et sur cctte feuille de papier.

habitude de voler les petites filles n’est pas spéciale aux Chinois; il y a quelque temps, les Sœurs de Penang reçurent deux petites indiennes; elles avaient été volées dans le Bengale et vendues à Penang à un riche mahométan qui les gardait comme domestiques. Un beau jour elles s’évadent et sont saisies dans la rue par la police, qui en parle à une dame anglaise et celle-ci les conduit chez les Sœurs, Là, elles se trouvent bien, on les nettoie, on les instruit, elles

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sont heureuses , elles se font chrétiennes; une d’elles est mariée, l’autre est réclamée par ses parents; on répond qu’on ne la donnera qu’au père. Le vieux pêre arrive un jour, des Indes, et pleure de joie à la vue de ses enfants retrouvées; il dit que sa femme a perdu un œil à force de les pleurer, il promet de laisser suivre la religion chrétienne à sa petite fille qui quitte à regret la maison où elle a trouvé son salut.

Mardi, 29 Novembre. Rien de nouveau, mer un peu agitée. À 3 heures de nuit, rencontre du navire le Japon, de la même Compagnie. Il s’en va à Hong-Kong chargé d’opium ; on se parle et on se salue par signaux en hissant et baïissant au mât des lumières de diverses couleurs. Jeudi, 1 Décembre. Nous n’avons plus que 150 milles pour arriver à l'embouchure de Ï’Hoogly et, de là, 120 milles pour rejoindre Calcutta. Nous espérons y débarquer, demain soir, et je tiens cette lettre prête pour la jeter à la poste. Toutes les nouvelles que j’ai reçues de Nice jusqu'ici ne dépassent pas le mois d’août; en trouverai-je de plus fraîches à la poste de Csleutta ? En remontant vers le Nord, la température devient plus fraîche, mais le thermomètre marque encore 27 centigrades dans mx cabine. Je ne sais où je serai pour les fêtes de Noël et pour

le jour de l’an; dans les réunions de famille

qu’une pensée et un vœu soient pour le voyageur!

2 Décembre 1881, 6 h. matin. Nous voici à l’entrée de l’Hoogly ; il a plusieurs lieues de large; des points de repaire marquent les bancs de sable ; le navire rase une des rives, conduit par un pilote spécial.

Avant de quitter le steamer, puisque j’en ai encore le temps, je vais crayonner le portrait de la sociéié que Jj” ai eue durant ces 16 jours.

Cette société se ressent un peu de la drogue à laquelle le navire est destiné. Le prix du passage est le revenu du capitaine ; mais deux navires partant le même jour, chaque capitaine baisse les prix et promet plus qu’il ne peut tenir; J'ai déjà parlé des coolies chinois qui encombrent le pont et la cale, depuis Hong-Kong jusqu’à Penang. Maintenant, les quelques Hindous qui restent sont moins encombrants ; ils passent leur temps à jouer à une espèce de damier en forme de croix et y marquent les points après avoir tiré au sort avec 6 coquillages secoués dans une écuelle. Selon le nombre des coquillages qui restent renversés sur le dos, or a le pair ou l’impair.

Les passagers sont: {° un Anglais, marchand de thé à Fou-chow, qui va revoir son pays na-

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tal; 2° un Américain, avocat dans l’Indiana. Les avocats, en Amérique, sont un peu comme les médecins en Chine. 3° un autre Américain, marchand de laine à Philadelphie; il doit être allemand ou descendant d’allemands, il en a toute la rusticit®, 4 une plus ou moins jeune fille accompagne de sa mère, type des Américaines à la recherche d’un mari; désespérant de le trouver en Amérique elles consultent leur banquier et essaient de le trouver autour du monde. Toutes les ressources de l’art de plaire sont déployées auprès des avenants, mais après que l’armoire a été vidée, on voit bien vite qu’il n’y a rien au fond, excepté la malice qui va jusqu’à la calomnie pour avoir raison d’une rivale. Une famille arménienne, père, mère, trois petites filles, et un garçon: pas de tenue, mais bonnes gens; un consul anglais en Chine ; en bon Anglais il vous répond quand il en a envie. Ce qu’il y a de mieux, sont encore les deux Parsis de Bombay. J’espêre avo’r plus de chance sur le prochain navire qui doit me porter de Bombay à Suez.

J’oubliais la femme du capitaine; elle est à bord depuis 8.ans. Venant d'Angleterre avec ce navire et ce capitaine, celui-ci l’épousa à Calcutta au bout du voyage; leur baby est constam-

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aljouie à AC- 1es À trouquier Touéplol’arn’y à Isqu’à . Une jetites onnes h) An-

ment entre les mains d’une indienne. La femme du capitaine, probablement instruite par l’expérience, est ‘sur la réserve ave: les passagers, et je pense qu’elle doit trouver le temps bien,

long ; je l’ai vue coudre une fois et faire de la tapisserie une fois.

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