‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 213 sur 307 · BÉNARÈS — LÉ TEMPLE DES SINGES · texte numérisé non relu

BÉNARÈS — LÉ TEMPLE DES SINGES

la viande de bœuf ne coûte que 6 à 8 sous la livre, et celle de mouton un peu plus ; le riz vaut 2 à 3 sous le kilog. et la farine un peu moins, les légumes et les fruits ne sont pas chers.

Mais revenons à notre route. C’est le vendredi 9 décembre que j'arrivais à Bénarès au Clark’s hotel. Après le bain et le diner, je me fis conduire à la Mission catholique confiée aux Capucins italiens. J’y trouvais un bon vieillard, le Père Acurzio quiavait habité 20 ans Darjeeling et était présent à Cawnpore et à Bénarès en 1857, époque de la grande révolte ou Mutiny. Ce n’est pas sans peine qu’il échappa au massacre. J’ai trouvé dans les appartements du Pêre une quantité de soldats irlandais lisant de bons livres. Ils ont là un petit Cercle et une bibliothèque. Le nombre des catholiques de Bénarès y compris les soldats ne s'élève qu’à 300.

Samedi 10 décembre. De grand matin je pars avec un jeune officier irlandais et nous allons d’abord à quelques milles de distance, au temple des singes. Tout est saint à Bénarès. C’est la Rome ou plutôt la Jérusalem des Hindous. Ils y viennent en pélerinage des points les plus reculés pour se laver dans les eaux du Gange, rivière sainte. Nous trouvons donc dans le temple des centaines de singes qui accourent au son d’un disque que

\ BÉNARÉS — L'OBSERVATOIRE. 257

bat le gardien. Ce disque de métal remplace ici le {amtam de Chine et la cloche d'Europe ; dans les gares on a même pour toute cloche un morceau de rail suspendu, sur lequel on frappe avec un marteau. On nous vend pour quelques sous des corbeilles de maïs et autres graines que les singes viennent prendre dans nos mains ; quelques-uns sont méchants et mordent ou poursuivent les autres; alors les bébés singes sautent sur le dos ou s’accrochent sous le ventre de la maman qui se sauve avec eux.

La multiplication de ces animaux est telle que les habitants de Binarès en sentent le danger ; mais comme ils n’osent les tuer, de temps en temps ils en exportent une partie dans la forêt. Le temple des singes est d’une assez belle architecture. A côté se trouve l’Etang Sacré, vaste piscine qui, selon la croyance des Hindous, doit laver tous les péchés.

Au retour, on nous fit visiter le palais d’un riche Rajah : beau salon, tapis de Perse, fauteuils de Londres. Mais le Rajah préfère s’asseoir par terre. Comme toujours la maison des femmes est à part et des tentes sont dressées dans la cour pour les domestiques.

Nous arrivons à l’Observatoire, large tour qui domine le Gange. Sur la plate-forme nous voyons

apré + RC:

promeut Boots matin suites

Page 1