‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 214 sur 307 · BÉNARÈS — LE GANGE · texte numérisé non relu

BÉNARÈS — LE GANGE

un plan incliné qui regarde l’étoile polaire, diverses circonférences et arcs de cercle pour trouver le méridien, le solstice, l’équinoxe. C’est l'astronomie élémentaire, mais il est beau pour les Hindous de l’avoir trouvée depuis des siècles.

Nous montons sur une barque à quatre rameurs et nous installons sur la terrasse qui surmonte le bateau. En remontant la rivière nous admirons, sur les bords, les magnifiques palais construits par les diverses provinces pour leurs pélerins On y voit des temples, des portiques, des balcons. On descend à la rivière par de nombreuses marches. Les femmes y viennent chercher l’eau dans des amphores de cuivre ou de terre semblables à celle de Rebecca.

De longues jetées de bois s’avancent dans l’eau. On y lave, on y prie, les uns se tiennent agenouillés, les yeux levés au ciel; d’autres jettent à l’eau en priant les nombreuses feuilles des fleurs qu’ils tiennent dans une corbeille. Tous se baignent et se lavent; les femmes gardent dans l’eau les 2 bandes d’étoffe qui leur couvrent les reins et la poitrine et en sortant les remplacent habilement et décemment par des bandes sèches; mais souvent l’étoffe est de mousseline, et devient par trop transparente. Plus loin nous voyons des malades étendus ; ici des femmes frottent d’huile

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énares. — Bénares. Le Burning-Ghaut ou

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ing-Ghaut ou lieu de la Crémation sur le bord du Gange.

BÉNARÈS -- LE BURNING-GHAUT 259 le ventre de aœuelques-uns ; là, d’autres attendent le dernier: soupir pour être jetés à l’eau, Durant la nuit quelques-uns se font même jeter avant leur dernière heure, persuadés que du Gange ils passent droit au ciel. Par-ci par-là, des cadavres noirs flottent et servent de barque aux canards et aux vautours.

Nous arrivons au Burning Ghaut, ou lieu de la crémation. Deux feux sont allumés, et consument deux cadavres ; deux autres cadavres sont portés sur des brancards de bambou, accompagnés du prêtre et des parents. On leur met du riz dans la bouche, de la monnaie dans les mains et on les couvre de bois qu’on allume; mais il faudrait renouveler ce bois ou en mettre en abondance et le pauvre n’a pas d’argent. On jette donc à l’eau, non des cendres, mais des carcasses qui serviront à nourrir les alligators. J’ai vu un chien en tirer une de l’eau et l’attaquer à belles dents. Les pauvres prennent la boue du rivage et la passent au crible pour retrouver les monnaies.

Nous quittons ce lieu de tristesse pour monter à la Mosquée de Musjeed d’Aurungzebs au Madhoray Ghaut. Nous passons à coté de divers tombeaux bien sculptés. Dans une espêce de chambre fermée par unegrille nous voyons 3 femmes qui tournentautour

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