L’ AUBERGE CHINOISE
faubourgs de Tien-tsin ; impossible de dire un mot à nos conducteurs et de comprendre une de leurs paroles ; nous sommes à leur merci; mais ils ont été fidèles.
Nous traversons un pays plat et monotone, toujours parsemé de monticules, de cercueils. Dans les fermes, on bat encore le millet, on laboure, ou sème le blé, partout on nous regarde avec étonnement.
À 9 heures, on nous dépose dans l’ auberge d’un village, nommé Yang-tsoun, où nous réclamons deux chambres. Les maisons sont bâties en boue et n’ont naturellement qu’un rez-de-chaussée; les chambres sont de petits compartiments dont la porte donne sur la cour où s’ arrêtent les voitures ; il n’y a point de fenêtres; la paroi extérieure est grillée en bois et couverte de papier blanc qui laisse passer le jour ; l’intérieur est divisé en deux parties, l’une est surlevée de 70 centimètres sur le pavé et recouverte en briques, avec une natte formée de petits roseaux aplatis: c’est le lit chinois. Le dessous est vide ; l’hiver on y place des charbons qui font du lit une espèce de poêle. Dans le jour le lit sert de cnaise, et un tabouret y fait fonction de table à manger. Sur une escabelle de bois, on apporte une lampe à huile, consistant en une écuelle
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