AMBER LA VILLE MORTE
les jeunes gens de sa noblesse. Son royaume est riche. 1 fournit l’or, l’argent et les diamants, l'armée compte 8000 soldats; comme tous les royaumes tributaires, 1l a un assistant anglais qui est le véritable gouvernant.
La capitale de l’Etat était Amber; mais, au siècle dernier, un de ces prêtres, en odeur de sainteté, qui abondent dans l’Inde, déclara au prince Jai Sing que le millième anniversaire de la fondation de la ville avait vu le jour, qu’une capitale ne peut aurer plus de 1000 ans, et qu’il n’y serait plus en sûreté; que par conséquent il devait construire une capitale ailleurs. Le prince crédule construisit Jeypore à quelques milles de là.
Amber fut abandonnée et on voit encore à présent les murs qui vont de la plaine à la colline et en couronnent les sommets, rappelant la Grande Mursille de Chine. Les Mosquées, les maisons , les rues sont en bon état, mais vides. À peine 3000 âmes ont consenti à rester dans la vieille capitale.
La voiture nous conduit aux pieds d’une caliine; nous rencontrons en route un énorme éléphant, un des 45 que possède le Maharajah et qui est mis à notre disposition. En marchant son pas ordinaire, .l suit presque la voiture. Il
Tran A Er GNT | RER RER
Fe à
AMBER — LE FALAIS. 291
est dans sa jeunesse, il a 80 ans. C’est une femelle, et n’a pas de défenses.
A un signe du cornac il plie les jambes de devant, puis celles de derrière, on adosse une échelle et, perchés sur la grande bête, nous avons
’air de quatre b‘bés.
L’Eléphant nous monte sur la colline au palais royal. Il est bâti en pierres rouges, mais le prince qui avait ordonné l’emploi du marbre les a faitrecouvrir en plâtre blanc. Ce palais est un labyrinthe de cours et d’appartements dont quelques-uns sont ornés de petits morceaux de miroirs incrustés dans les murs et aux plafonds et d’un bel effet. Nous parcourons le Zenana où quartier des femmes. Il y a place pour 25, chacune ayant 50 filles esclaves pour le service. On voit vers le Nord le quartier réservé à ces esclaves.
J’airemarqué dansle palais de beaux grenadiersle fruit est enfermé dans des pots de terre cui te, ou entouré de chiffons, et un homme se tenait posté avec arc et flèches pour éloigner les perroquets, écureuils et autres gourmands.
Dans une partie de l’appartement on nous à fait voir le temple dans lequel durant des siécles un homme était immolé chaque matin. La longue et lourde lame qui servait à l’opération