‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 248 sur 307 · INDES — LES MALADIES · texte numérisé non relu

INDES — LES MALADIES

pour la même chambre. Les desseins sont beaux et variés.

L’ordre et la propreté sont partout irréprochables. Les prisonniers prennent le bain 2 fois la semaine et même tous les jours pour les castes qui en ont l’obligation. A la cuisine je vois cuire . le pain de millet sur les disques de fer, et je vois aussi un brahmin qui prépare lui-même sa nourriture.

Si un individu à connu un métier avant d’entrer en prison, on l’occupe à un autre métier, afin que le travail soit réellement forcé. Ici comme partout le défaut d’instruction et surtout d'éducation est la source principale du crime. Ces assassins, ces voleurs de grand chemin qui arrivent à la prison presque sauvages , aprés quelque temps deviennent doux , soumis et travailleurs , au point qu’on ne voit des punitions qu’une fois par mois. Ces punitions sont de 4 sortes : 1° chaînes plus grosses, 2° diminution de nourriture, 3° 25 coups de verges sur le dos, 4 cellule solitaire.

Dans l’infirmerie je trouve 7 malades, dont deux de la poitrine, les autres ont eu la cheville du pied endommagée par la chaîne. En général on voit peu de maladies de poitrine aux Indes. Les maladies les plus fréquentes sont la petite

298 AHMEDABAD — LA TEMPLE DE SWANI-NARAYEN.

vérole qui fait beaucoup de victimes. Maintenant le vaccin devenu obligatoire tend à faire disparaître cette terrible maladie. Le choléra et la dyssenterie tuent tous les ans beaucoup de monde; les maladies de foie et de la peau sont assez fréquentes, la lépre aussi n’est pas rare. Les uns ont la lèpre blanche et leur peau devient blanche comme celle des Européens; on peut en guérir. La lépre noire est la plus mauvaise, on n’en guérit pas. Le patient perd d’abord son nez, puis les unes après les autres les phalanges des doigts des mains et des pieds; on voit son corps s’en aller en pièces.

Au sortir de la prison on me montre 2 grandes fenêtres en marbre bien découpé en forme de plantes, puis on me conduit au temple hindou de Swani-Narayen. Ce beau monument en pierres tendres est surmonté de 3 coupoles en forme de clochetons richement sculptés (style hindou). Six marches conduisent à l’autel parfumé à l’essence de rose, et on ne peut en approcher qu’aprés avoir Ôôté ses souliers. Plusieurs femmes sont en adoration devant 3 statues de marbre, la trinité des Hindous; d’autres versent dans une caisse, où se trouvent des compartiments séparés, leurs offrandes de riz, de blé, de millet, etc. Autour du temple est une grande construc-

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