‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 299 sur 307 · UNE TEMPÊTE DANS LA MÉDITERRANÉE · texte numérisé non relu

UNE TEMPÊTE DANS LA MÉDITERRANÉE

d heures, nous traversons un golfe, c’est l’île qui fait un demi-cercle. A table, les planchettes indiquent que les plats et les bouteilles ne sont pas en sûreté; la moitié des passagers sant absents, les autres disparaissent à mesure que les plats arrivent. À 7 heures, le calme revient; à 8 heures le vent souffle plus fort et pousse les sifflements habituels au mistral. Les vagues arrivent sur le pont et inondent les rares promeneurs. A9 Dh. je me mets au lit, à 10 h. on passe l'ile de Crête; la tempête est majestueuse et dure jusqu’à 3 heures du matin. Le bateau balancé, soulevé, craquait comme quelqu'un qui souffre et se plaint. De temps en temps, le bruit de bouteilles cassées, de vaisselles renversées, de malles trainées. La plupart des voyageurs semblent croire leur dernière heure venue. Deux chiens, appartenant à une Anglaise, ajoutent, au bouleversement général, leurs hurlements plaintifs. Les 50 Hindous et nègres qui sont sur le pont, inondes par les vagues, grelottants de froid finissent par se réfugier, en criant, dans la machine.

Vers le matin la mer se calme; on attend avec impatience le jour, on se lève, on se cherche, on s’interroge. Les officiers sont les premiers

à raconter les péripéties de la nuit. Les deux

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