APRÈS LA TEMPÊTE
qui étaient de service sur la dunette ont failli être enlevés par les vagues et ont bien grelotté sous leurs vêtements mouillés. Un d’eux est venu réveiller le capitaine et a été jeté de tribord à bâbord par une vague furieuse; cette vague à brisé un banc et enlevé le plomb de trois marches. Une lamie enlève une embarcation et la jette à bord toute brisée. Un officier ouvre la porte de sa cabine pour voir ce qui vient d’arriver, et aussitôt l’eau y pénètre jusqu’à la hauteur d’un mèêtre. Il ne parvient pas même à sauver ses bottes.
Les vagues battaient en plein sur le flanc dv navire; le capitaine fit tourner la proue au Nord pour les prendre en travers. Enfin le jour nous amène un Soleil resplendissant; le vent reste frais, mais paisible. Nous sommes en face du cap Matapan en Morée. Les Dames reparaissent peu à peu, elles sont heureuses de se trouver debout, mais leur pâleur indique les émotions et la souffrance. Voici le cap S'-Ange. Un officier nous dit qu’il y a ià un ermitage très-ancien; les marins envoient à l’ermite des provisions ; 1l est très-vieux ; les Grecs croient qu’il à 300 ans.
Biehtôt le mont Ossa nous montre sa cime à deux pointes chargées de neige, nous sommes
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LE DÉTROIT DE MESSINE. 300 à l’embouchure de l’Adriatique. Pour nous distraire, nous faisons quelques parties de bull, gagnons ov. perdons quelques bouteilles de Marsala, et décidons qu’au lieu de boire le vin on en déposera le prix dans le tronc des marins pauvres. A midi, on apporte le tableau des indications. On est à long. Est, 21° 5. lat. Nord. 36° 2?
et la distance parcourue dans les 24 heures, a été de 219 milles. Il nous reste 5 degrés pour atteindre Messine, c’est-à-dire 290 milles. Nous espérons y arriver demain soir, et là nous pourrons débarquer pour quelques heures. J’en profiterai pour vous envoyer un télégramme qui vous dira que je vis et que je me rapproche de vous.
En mer samedi, 21 janvier 1882.
Hier vers 11 heures, nous apercevions la cime de l’Etna blanche de neige et jetant au Ciel son épaisse fimée. Hurrah! Voilà la terre, fut le cri général, et on sauie, on danse, on chante de joie toutelajournée. Vers 3 heures nous passons devant Mileto, où débarqua Garibaldi avant Aspromonte ; et à partir de ce point nous rasons les côtes de la Calabre, Les villages suspendus aux rochers, les baies, les ponts du chemin de fer qui longe la mer, forment un tableau des plus pittoresques.
DZ
NS