PÉKIN — LE PÈRE FAVIER
Après la messe, M. de Semallé me présente à M. Ristelhuebert premier interprète, au ministre d’Espagne récemment arrivé, et à divers autres personnages dont j'oublie les noms.
Pendant que nous déjeunons à l’hôtel, M. Ristelhuebert nous envoie une lettre d’invitation pour üäiner le soir chez lui. M. de Semallé nous avait retenus pour le lendemain, A 1 heure, nous arrêtons, moyennant 5 fr. par jour, un interprète, appellé Barthélemy OU ; il a été élevé par les Lazaristes, et a servi longtemps à la Légation de France ; il parle assez bien le français ; de plus, il a le grade de lettré chinois et connaït bien les choses de son pays. Il est chrétien, marié à une Tartare chrétienne, et père de cinq filles ; s’il était paien, il dirait qu’il n’a point d’enfanis, car ici les filles ne comptent pas.
Barthélemy court louer une voiture et nous conduit à travers la ville. Au bout d’une heure et demie, nous arrivons chez les Pères Lazaristes au Pé-tang, (église du nord}, où réside Mgr La Place et le Père Favier. Ce dernier est architecte, agriculteur, économe général, musicien, homme d’affaires, etc. C’est lui qui a bâti, et qui bâtit les légations, églises, consulats, etc., c’est l’homme universel ; plein d’esprit, aimable et serviable , tous les étrangers s’ adressent à lui.