PÉKIN — MONSEIGNEUR LA PLACE
Le procureur de Shangaï m’avait donné une lettre pour lui, et j'avais une carte du Père Pémartin, secrétaire général de la Congrégation. Je fus bien reçu. Après quelques instants de conversation, le Père Favier nous invite à assister au salut où il doit tenir l’orgue. La vaste église du Pé-tang était presque remplie de Chinois chrétiens qui, à genoux sur les nattes, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre, avaient une contenance fort recueillie.
Après le salut, le Pôre Favier nous présente à Mgr La Place, évèque du Chili. C’est un robuste vieillard qui est en Chine depuis 35 ans, et connaît bien son monde. Il se trouve être compatriote de M. Cotteau ; ils sont tous deux d'Auxerre et parlent longtemps de Monsieur un tel et de Madame une telle qu’ils ont connus dans leur jeunesse. M. Cotteau marchant difficilement à cause d’une plaie au pied, Mgr le conduit chez les Sœurs qui lui font un pansement. Ce bon ami de Paul Bert, se voyant ainsi soigné par les Sœurs de S.-Vincent de Paul, est ému jusqu” aux larmes. Il faudra renouveler le pansement tous les jours ; l’hôtel est trop loin, Mgr invite M. Cotteau et moi à nous instalier
au Pé-tang. Nous renvoyons à demain pour voir comment se trouvera le pied. Nous rentrons à
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