PÉKIN — LE TEMPLE DES LAMAS
car beaucoup de monde s’est rassemblé pour voir ce qui arrivera; Barthélemy continue à marcher sans s’inquiéter de moi, mais M. Cotteau vient à mon secours, il secoue raidement la main du portier, le gourmande et jui fait làcher prise.
Plus loin la scène menace de se renouveler, mais Barthélemy glisse quelques pièces de monnaie dans la manche du lamas et nous passons. Chemin faisant, une centaine de ces lamas en habit et toque de soie jaune de forme singulière, sortent en procession d’un temple pour se rendre dans une vaste salle où ils s’installent comme des chanoines pour réciter leur prière. Ailleurs, un autre groupe chante des cantiques, et dans un autre temple on fait de la musique avec toute sorte de tambours et de trompettes. Moyennant un autre pourboire, on nous introduit dans le temple où réside le fameux Bouddha en bois, haut de 15 mûtres.
Je demande à ces hommes de quoi ils vivent ; ils me répondent qu’ils sont nourris par l’Empereur. Celui-ci, en effet, leur alloue à chacun un taël 1/2 par mois. Evidemment, avec 10 francs mensuels ils ne peuvent vivre, et Barth'lemy me dit qu’ils envoient voler toutes les nuits. Quant à leur nombre, j'apprends d’eux qu’ils sont