PÉKIN — L’ HÔPITAL
aussi un métier qui leur permettra de gagner leur vie : elles cardent, filent, tissent le coton. Dernièrement, la Comtesse Pauline de Salm a envoyé de Rome 5000 fr. à Monseigneur, pour construire la chapelle de cette Communauté.
Nous passons au compartiment des Sœurs de S.-Vincent de Paul. Elles sont 7 et dirigent un hôpital dans lequel je n’ai vu que des Chinois et des Chinoises. Les Pères n’avaient point d’argent pour entreprendre cette œuvre coûteuse ; le Pêre Favier, l’homme à ressource, a construit une maison qu’il loue 10 mille fr. et ce loyer fait vivre l’hôpital ; c’est la charité économique, ou plutôt la bonne économie politique. Deux tantes de l'Empereur actuel sont décédées derniérement dans cet hôpital; elles descendaient d’une branche de la famille impériale qui avait embrassé le christianisme, il y a deux siècles. Lors de la persécution, cette famille préféra l’exil à l’apostasie ; rappelée plus tard, ses biens ne lui furent point rendus ; le dernier des fils survivants est à l’orphelinat des Pères.
À la pharmacie, les Sœurs pansent d’horribles plaies, quelquefois pleines de gros vers, et donaent chaque jour des remèdes à tous les malades qui se présentent. On leur apporte beaucoup de petits enfants qu’elles baptisent lorsqu’ils sont trop