PÉKIN — L'ADMINISTRATION. GI
Le préfet d’un pauvre district ne reçoit que 25 mille fr. par an, mais 11 trouve moyen d’extorquer au moins 80 mille taëls, environ 400 mille fr. par an, à l’occasion des procès.
Chaque ville, chaque province a une douane spéciale. Le gouvernement les afferme à ses employés qui pressurent les marchands et leur arrachent pour leur propre compte des millions de francs par an. Il n’est pas étonnant qu’un tel gouvernement soit abhorré du peuple, etil faut bien le peuple chinois si patient et si soumis, pour Pendurer si longtemps. Cette situation explique la réussite de l’insurrection des Taëpings, qui, vers 1864, auraient certainement renversé le gouvernement et la dynastie, s’ils n’avaient été subjugués à Paide des Europiens. Mais le désir d’un changement est dans tous les cœurs; on en est à soupirer après une guerre avec le Japon, avec l’Europe, avec Ja Russie où avec toute autre Puissance, dans l’espoir de voir dans la crise sombrer la triste administration actue le.
La présence des Eu ‘opens dans les ports ouverts et la vue de leur administralion plus droite et plus honnête stn ule encore ce désir de changement; le peuple com}, re et dit à ses mandarins: « les Européens, voilà bien de vrais mandarins qui ne volent pas et font justice. » Les mandarins chinois se