‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 80 sur 307 · LES TOMBEAUX DES MINGS · texte numérisé non relu

LES TOMBEAUX DES MINGS

On monte dans le tombeau par un plan incliné qui conduit jusqu’au sommet. En entrant, les pas des visiteurs sont tellement répercutés par un écho sonore, qu’on croit entendre la marche d’un nouveau survenant. Du haut du monument on jouit d’une vue magnifique sur la vallée: vaste amphithéâtre formé par des collines déboisées et arides, au bas desquelles gisent les autres tombeaux de la famille des Mings, au nombre de treize: Je suppose qu’au temps de cette dynastie qui régnait avant la dynastie actuelle, cette vallée devait être transformée en parc, avec des collines mieux boisées ; aujourd’hui l’agriculteur promène partout sa charrue, soit qu’il cultive pour son compte, soit qu’il cultive en métairie ou à loyer, moyennant caution. Les caki ‘sont là en grande abondance, on en récolte les fruits pour les faire sécher au soleil et les conserver pour l’hiver.

Au dehors de l’enclos, un paysan chasse avec des engins qui nous sont peu familiers: il a sur son bras une espèce de petit faucon qu'il lance vers le lièvre; l’oiseau plane, et aussitôt qu’il aperçoit de loin sa victime, il plonge, lui crève les yeux ou lui perce le crâne, et le chasseur n’a plus qu’à aller le prendre.

Les oiseaux de proie abondent. Pour préserver les pigeons, les Chinois ont imaginé d’ attacher

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sur leur queue un engin de bois lézer, percé de plusieurs trous : iorsqu’ils volent, l’air qui pénêtre dans ces trous produit un sifflement d’un son fort et sourd qui effraie les oiseaux de proie ; à Pékin on est sans cesse étourdi par cette curieuse musique.

En quittant le tombeau des Mings, il nous reste encore 30 lis (15 kilom.) pour arriver à Nan- Kow, où nous devons liner : Barthélemy pousse son âne qui bientôt fait la cabriole entrainant son cavalier. Nous traversons deux ou trois villages, tous plus pauvres les uns que les autres, et à une heure nous arrivons à Nan-kow. Cette ville fortifiée est la première qu’on trouve en sortant au Géfilé des montagnes qne ferme la Grande Muraille. Le maître de l’ auberge où nous descendons avait été blessé par un éclat d’obus à la prise des forts de Taku, et il se plaisait à faire des avanies aux « diables d’élrangers. » Heureusement il est mort, et son fils qui n’a point eu d’obus, n’en veut qu’ aux piastres.

Après un court déjeuner, je monte sur un blanc cheval mongol harnaché de cordes, avec deux anneaux de bois pour étriers. Je trotte le long d'in torrent desséché encombré de pierres et de roches arrondies, Le passage est étroit et facile à défendre. Avant la nuit nous arrivons à la Grande Mu-

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