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LA GRANDE MURAILLE. 93 raille, qui a vu tant de siècles. Elle a été bâtie par l'Empereur Che-Kwang-té, le premier empereur de la dynastie des Tsin, 240 ans av. J.-C. Elle commence à Lyn-teaou au Sbensi ouest, et finit à la mer à Liao-tong, avec un parcours de plus de 1,500 milles (2,400 kilom.). Elle court sur les montaones, plonge dansles gorges, traverse lesfleuves et les marais. Ulle est surmontée de créneaux et flanquée, de distance en distance, de tours hautes de 40 pieds. Six chevaux de front peuvent marcher dessus; elle est large de 6 mètres et haute de 7. Elle est bâtie en pierres jusqu’ à la hauteur d’un mètre, et pour le reste en grosses briques grises, à demi cuites, comme les briques de Pékin ; leur dimension est 40 à 50 centimétres de long, sur m. 0,20 de large, et m. 0,10 d’épaisseus. Ce revêtement de briques ne forme que les deux parrois de la muraille, l’intérieur est de terre durcie, peut-être pétrie avec quelque ciment.
Le tiers de tous les hommes de la Chine fut employé à cette immense construction, et elle put être terminée en 5 ans. On a calcalé qu’il a fallu pius de briques pour cette immense muraille que pour toutes les maisons de la Grande- Bretagne ; on a calculé encore qu’elle suflirait à entourer la terre d’un double cercle de six
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94 CHÜ-YUNG-KWAN.
pieds de haut et de deux pieds d’épaisseur. Ché- Kwang-té l’avait construite pour se défendre des incursions des Mongols, qui pourtant rêgnent en ce moment sur la Chine; elle ne sert plus au- Jourd’hui que comme barrière de douane; elle est souvent crevassée et l’herbe pousse partout.
Au village de Chü-yung-kwan, où existe présentement la douane, elle se divise en plusieurs branches: les unes montent presque à pic sur la montagne, les &aitres couronnent le sommet de divers plateaux; outre les tours, on voit parei par-là quelques forteresses. Au centre de ce même village s'élève un bel arc de triomphe en marbre richement sculpté. C’est près de cet arc qu'un grand Chinois, sans doute poussé par sa femme qui se tenait derrière lui, m'appelle et me débite un discours que je ne puis comprendre. Barthélemy m’explique qu’il demande si je suis médecin, et si je puis lui indiquer un remède pour se délivrer de l’opium: « Je le fume, dit-il, 8 fois par jour et je sens qu’il me ruine et me tue ; grand étranger, viens à mon secours et guéris-moi, »
Au retour, nous avons beaucoup de peine à nous fray”°r un passage au milieu des centaines de chameaux sur lesquels les Mongol portent
les briques de thé à travers leur pays jusqu’à la