‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme] (volume 2)Chapitre 88 sur 307 · PÉKIN — LE PONT DES MENDIANTS · texte numérisé non relu

PÉKIN — LE PONT DES MENDIANTS

Nous allons ensuite faire une collection de photographies dans la ville chinoise. Nous passons encore une fois sur le pont des mendiants : c’est un pont de marbre littéralement occupé par des mendiants debout, assis, accroupis ou couchés par terre ; les uns tout couverts de haïllons, pleins de gros poux qu’ils mangent avec délices, d’aures sont complètement nus r'1 couverts d’un morceau de natte: la misère est si grande à Pékin que tous les hivers il y meurt de 50 à 60 personnes par jour de faim et de froid. On dit que l’Impératrice fait distribuer des vivres et des vêtements, mais les pauvres les vendent ou les jouent et retombent dans le dénûment.

La passion du jeu est tellement forte chez ce peuple, qu’on voit souvent des individus, qui ont perdu jusqu’au dernier vêtement, jouer les phalanges de leurs doigts : le partenaire les coupe impitoyablement si la chance est pour lui. Nous voyons partout des enfants tendre la main et se rouler par terre comme des cylindres pour obtenir quelques sapèques ; ils nous étourdissent avec les cris de : éa-loë, ta-loé (grand seigneur). Des femmes viennent aussi à chaque instant offrir le bâtonnet allumé pour la pipe ou le cigare, en demandant l’aumône. Vers le soir, nous rentrons au Pé-tang.

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