SHANGAÏ — L'’ HÔPITAL
Saint-Vincent de Paul. C’est plutôt une maison de santé. En première classe les malades ont une chambre séparée et payent 3 taëls par jour (20 fr. environ), soins, nourriture et médecin compris (la visite d’un médecin coûte ici 5 taëls environ 35 francs). À la seconde classe on paye moitié moins, mais on est dans de petites salles à plusieurs lits. J’ai vu là des malades de toutes les nations ; plusieurs avaient eu le choléra, et les survivants avaient été guéris par des injections de quinine dans les veines.
Nous passons au compartiment des Chinois et arrivons aux fumeurs d’opium. Il y en a qui n’ont pas encore vingt ans et qui sont déjà énervés par ce poison. Ils le fument pour faire de beaux rêves et recevoir une énergie factice ; mais après un certain temps, ils perdent l’appétit et languissent ; on les guérit par l’assa fœtida et le quinquina, mais la guérison est plus difficile si, au lien de fumer l’opium seulement, ils le prennent aussi en boisson. Cette drogue est fort chère, elle coûte 200 fr. le kilog. en sorte qu’elle ruine non-seulement la santé, mais aussi la bourse. A côté de l’hôpital, la pharmacie des Sœurs a une porte qui donne sur la rue, et une antichambre où les Chinois viennent tous les jours en grand nombre faire scigner leurs plaies et