TIEN-TSIN — LES CHEVAUX MONGOLS
À 1 heure, nous arrivons au Consulat où le déjeuner nous attendait. Là, on nous apprend que le Hae-ting, navire de la Compagnie-Chinoise est arrivé, et qu’il part demain de grand matin. Nous y transportons nos bagages, non sans peine, car sur le P6-chili on embarquait une cinquantaine de chevaux par un procédé primitif et dangereux : on les conduisait à bord où les Chinois leur serraient avec une corde la lèvre supérieure, d’autres les tenaient par la queue, jusqu’à ce qu’on püt les envelopper d’une toile au moyen de laquelie le treuil les hissait en haut et les descendait dans la calle. J’en ai vu quelques-uus se cabrer et s’élancer en renversant tout sur leur passage. Ces chevaux mongols, qui ont été achetés 50 fr. à Pékin, seront vendus 300 fr. à Shangaï, 500 fr. à Hong-Kong et 800 à Calcutta.
Nous rendons visite à M" Weber consul russe, pour lequel M. Cotteau avait des lettres. Madame Weber m’a paru une des femmes les pius gracieuses qu’ on puisse rencontrer ; ses nombreux petits enfants, à l'éducation desquels elle se dévoue, sont gracieux comme la mère. Elle retient M. Cotteau à diner, pendant que je vais partager la table de M. Gauvin, qui avait réuni quelques amis pour la soirée. Ce capitaine de frégate en retraite est maintenant pour trois ans