JAPON — LES HABITANTS
leurs cimes dans les cieux ; les sentiers sont bordés de haies aux mille fleurs, depuis le camélia et l’hortensia jusqu’aux herbacés les plusvariés. On se croirait dans un parc.
Les habitants sont gais et aimables; partout figures souriantes et bon accueil. Les logements, les habitudes, les mœurs ont quelque chose de primitif et d’enfantin. Quand on vient d’Amérique, on est frappé tout de suite de la ressemblance parfaite entre cette race et les Indiens de Amérique du Nord: mêmes cheveux noirs, longs et touffus, et presque pas de barbe ; mêmes traits, peau rouge et si petite taille, qu’on croit voir un peuple d’enfants. Les maisons sont pittoresques, mais fort simples ; quelques pieux supportant un toit de chaume, et c’est tout. L’espace ainsi couvert est une vaste pièce ou des pièces nombreuses qu’on forme à volonté, au moyen de coulisses, consistant en chassis couverts de papier. Ces coulisses sont posées aussi aux parois extérieures, et le papier blanc laisse passer le jour. Le plancher est en nattes de jonc, enserrant une couche de paille de riz, ce qui le rend assez moelleux ; cette espêce de tapis ou matelas d’un nouveau genre est appelé éatamis dans le pays. Le Japonais exige que l’Européen, en entrant, pose ses souliers; son plancher est son lit, sa
JAPON — USAGES. 185 table, son tout; il ne veut pas qu’on le salisse. De meubles, pas de traces ; quelques couvertures formées par une forte couche de ouate, enfermée entre une étoffe de coton, servent à préserver du froid et de l’air qui ne se gène pas pour passer entre les jointures. Quelques petits tabourets de bois ou de carton servent de coussins ; une petite caisse contenant le feu pour allumer la pipe est toujours présente. Les femmes <omme les homines ont constamment la pipe à la bouche, lorsqu'ils sont en repos. Cette petite pipe contient à peine une pincée de tabac fin et doux; on en tire deux ou trois bouffées de fumée <t c’est fini; on la bourre de nouveau et on recommence. Les hommes comme les femmes portent à la ceinture l’étui à pipe et la blague à tabac.
En arrivant dans une maison, la première chose qu’on vous présente, c’est le feu pour la pipe, puis une tasse de thé grande comme celle de nos poupées; une petite théière est toujours sur le plateau; le thé est sans apprêt, c’est la feuille sèche et verte, telle qu’elle vient du buisson; on le prend toujours sans sucre; il n’est pas mauvais, mais je lui préfère le thé noir de Chine.
Les maisons n’ont ordinairement qu’un rez-dechaussée, parfois un étage, et sont entour es d’une