‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 13 sur 210 · LA VIE A BORD · texte numérisé non relu

LA VIE A BORD

autre accompagnement qu’une recommandation au Capitaine du navire. Plusieurs jeunes ménuages s’en vont chercher fortune, les uns dans l’exploitation des terres, les aut’es dans les emplois des grances villes. Si le voyage est le voyage de noce, la lune de miel a été un peu éclipsée.

Après les amusements organisés sur le pont, le soir, on passe au concert; décidément les anglais et américains ont bonne volonté; tout le monde chante ou joue, mais parfois il faut tendre les oreilles pour écouter; d’auires fois, il faut les fermer. Hier soir, ils ont eu, sous l’inspiration du Capitaine, la bonne pensée d’ organiser ur Concert au profit d’une Institution de Liverpool qui prend soin des orphelins des matelots. Le programme lithographié a été distribué et je t’envoie ma copie; les gentlemen étaient en cravate blanche, et les ladies avaient leur plus belle toilette.

Les émigrants, eux aussi, prennent le nlus de distractions qu’ils peuvent; ils dansent au son de l’accordéon, ou se. défient par bandes à tirer la corde ; nn nombre égal est mis de chaque côté d’un long câble, le parti qui gagne doit entrainer l’autre. Je me suis mêlé à eux et j’en ai interrogé plusieurs ; ceux qui parlent l’anglais m'ont compris ; ils sont de toutes les provinces

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du Royaume-Uni et dans la force de l’âge; ils viennent dans le Nouveau-Monde chercher un sort meilleur; un grand nombre ont leur femme et plusieurs enfants de tout âge. J’ai trouvé aussi beaucoup d’Allemands, de Suédois et de Norvégiens ; deux jeunes Danoises étaient d’une remarquable beauté; elles comptent se fixer avec leurs parents dans le nouveau Brunswik,

Voici deux jours que nous naviguons dans le golfe de S.-Laurent; demain nous serons dans le fleuve et après-demain je foulerai cette terre du Canada qui fut une dos belles colonies françaises; en attendant, la cloche appelle et je cours à table m’empoisonner une fois de plus à ces soupes au poivre, aux viandes crues, aux légumes sans sel et aux pouddings sans sucre.

Dimanche 12 Juin, en remontant le Saint-Laurent.

Le navire à sifflé toute la nuit, marchant à mi-vapeur ; le brouillard épais obligeait à cette précaution, car l’embouchure du fleuve est sillonnée par de nombreux navires.

Le coucher du soleil avait présenté un speciaue ravissant; il laissait apparaître, voilé par les brouillards, son immense giobe en feu. La pleine lune s’est levée, un instant après, montrant son pâle disque. Le coucher et le lever du soleil, le brillant

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