FÊTES PATRONALES DES VILLAGES
Nous grimpons à la cime de l’ile pour y visiter plusieurs temples et jouir d’un panorama délicieux. Nous avons trouvé là une longue-vue assez bonne, mais primitive: une petite caisse de bois longue de 2 mètres, portant une lentille à chaque bout.
Mais le jour baisse et il faut songer au retour; il nous reste 30 kilomètres à taire. Nous traversons plusieurs villages où nous trouvons des processions de toutes scries: des statues ou des emblèmes divers sont portés sur d’immenses échaffaudages sur lesquels des hommes et des enfants sonnent des cloches, jouent du tambour et autres instruments. Ces échaffaudages sont portés à bras par une quarantaine d’hommes ou poussés sur des roues. Des oriflames bleus décorés d’inscriptions pendent à toutes les maisons ou s’agitent au bout d’une perche, entre les mains de la marmaille. Les lanternes vénitiennes donnent au tout un c&chet des plus pittoresques, mais les cris cadencés des manifestants ne brillent pas par l’harmonie. Pauvres gens! laissons-les dans leur bonne foi; ils croient honorer ainsi la divinité,
Enfin, après quelques arrêts à des maisons de thé, nous arrivons à Yokohama à 10 heures du soir, quelque peu fatigués.
208 LES SŒURS DE St-MAUR.
Le dimanche 28 août, je me lève un peu tard et j'arrive à 9 h. 1/2 à l’église française. Les Sœurs ÿ conduisaient leurs nombreuses élèves, J’ai vu avec plaisir plusieurs novices japonaises. Les chants, les orgues et les cérémonies sont plus douces à l’âme dans «un pays lointain ; elles rappellent la patrie. J’ai visité sur la colline l’établissement des Sœurs de la Congrégation de saint- Maur. Elles ont leur maison-mère à Paris, une maison à Toulon, et une autre à Monaco; elles sont ici depuis 9 ans et le bien qu’elles ont pu faire est déjà fort sensible. Il était touchant de voir leur nombreuse famille composée de centaines de bébés. Je les ai encouragées par le récit des merveilles de Dom Bosco. Combien plus grand serait le bien accompli si elles disposaient de plus de fonds! Combien de personnes sans enfants chez nous pourraient adopter ici à peu de frais un ou plusieurs enfants qui leur devraient la vie du corps et de l’âme!
Les prêtres des Missions étrangères de Paris ont des chrétientés non-seulement dans les 7 ports ouverts, mais aussi dans plusieurs villes de l’intérieur, où ils séjournent avec permission du gouvernement, en qualité de maîtres d’ école. En ce moment, ils arrivent à Tokio de tous les points de l’intérieur pour la retraite générale, Dans les
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