‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 132 sur 210 · LE DÉJEUNER JAPONAIS · texte numérisé non relu

LE DÉJEUNER JAPONAIS

longue conversation. Il offre de m’accompagner à l’excursion de Nikko, point le plus intéressant du Japon, à 36 lieues de Tokio, et j’accepte. Il m’invite à déjeuner et je dis oui. On me demande si je préfère déjeuner à la japonaise, et, sur mon affirmative, on me conduit à un restaurant indigène. A l'entrée de la maison, deux jeunes filles se prosternent jusqu’à terre (c’est le salut japonais) et nous font déposer les souliers. Dans la salle, pas de chaises, pas de table, pas de meubles, le plancher seul; nous y crcisons nos jambes, et on nous sert du thé sans sucre dans des tasses microscopiques, puis arrivent successivement, mais à de longs intervalles, un bouillon de poisson dans un bol de bois laqué et 10 à 12 plats de poissons divers, accommodés avec des fruits, des légumes, des confitures, et même un plat de poisson de roche, entièrement crû, taillé en tranches. J’ai voulu goûter de tout, mais mon estomac n’était pas content. Pour boisson, du saki, ou extrait de riz détestablement mauvais. J'étais peu habile à manier les bâtonnets, et, plus d’une fois, j’ai été obligé de les prendre à deux mains. Décidément, je préfère déjeuner à l’européenne ; les jeunes filles qui, à chaque plat, faisaient les mêmes saluts jusqu’à terre, riaient de mon embarras.

204 EXCURSION A KAMAKURA.

Le samedi 27, longue excursion avec les Allemands, venus avec moi de S.-Francisco. Nous partons à 7 heures du matin, eu djinrikisha; un homme tire par les brancards, un autre pousse par derrière, car la route est longue de 13 à 14 lieues. Nous parcourons des sentiers bordés de haïes fleuries, des plaines couvertes de riz près de mürir, et nous escaladons de charmantes collines cultivées en légumes. en céréales diverses ou couvertes de buissons ou de forêts. Le paysage est féerique, et le ciel bleu comme celui de Nice; les cigales étourdissent par ls: chant monotone, mais une espèce particulière a une cantilène différente de celles d’ Europe. De temps en temps, des auberges qu’on appelle ici uciaja, où maisons de thé, nous servent le thé du Japon, et nos hommes s’y reposent quelques instants ; les jeunes filles nous disent beaucoup de choses que nous ne comprenons pas où que nous ne voulons pas comprendre.

A 11 heures, nous arrivons à Kamakura, C’est maintenant un petit village ; au moyen-âge, c’ctait la capitale du Japon, avec 200 mille maisons. Il reste plusieurs temples dans lesquels on conserve, comme reliques, des armes de guerrie:s célébres. Les prêtres paraissent fort pauvres; il nous vendent des gravures et des photographies.

Alle- Nous isha ; pousse 43 à bordés de riz nantes diverts. Le me cer. leur lière a pe. De elle ici le thé elques oup de ue nous

a. C’est ge, c’6e maiuels on errie!s res; il aphies.

LE LAÏ-BUTZU. 205

Un peu plus loin, nous dinons dans une maison de thé avec des provisions que nous avions prises à l’hôtel, puis nous visitons les Daï-butzu, immense statue de Bouddha haute de plus de 10 mètres. Le Dieu est assis, les jambes croisées sur une fleur de lotus, et tient les mains jointes sur les jambes, le pouce contre le pouce. Cette statue est en bronze et d’une belle expression. Nous pénétrons dans l’intérieur , c’est un four à 60 degrés. Il y a là un autel et beaucoup de chiffons de papier blanc suspendus en ex-volo. A l’extérieur, des centaines de planchettes de bois portent le nom des pêlerins et le montant de leur offrande.

Nous poursuivons notre route et nous visitons plusieurs autres temples. Les uns sont Shintoistes, les autres Bouddhistes. Les premiers n’ont à l’intérieur qu’in miroir, image de la conscience i ; ceux de Boucdha ont des statues, des chandeliers, des auiels et des reliquaires qu’on porte en procession ?. Deux grandes statues ornées de

1 C'est une pensée éminemment chrétienne de re— garder dans sa conscience pour toutes ses actions.

? Quelques voyageurs ont montré de l’ étonnement en voyant ainsi chez des païens les mêmes usages pour le culte que chez les chrétiens, et en ont conclu que le

206 ENOSIMA.

flèches, vu deux dragons monstres se dressent ordinairement à la porte de chaque temple pour en garder l’entrée.

Arrivés à la mer, nous montons dans une jonque ou barque indigène; tous les enfants du village nous suivent, demandant de petites monnaies. Les jonques japonaises sont primitives : quelques planches de pin clouées ensemble, des rames énormes manœuvrées à la vénitienne, et pour voile, une pièce d’étoffe carrée. De fortes vagues nous inondent au fond de la barque, car nous sommes privés de siéges. En deux heures, nous atteignons la petite île d’Enosima, magnifique bouquet d’arbres qui semble émerger des flots. Un village de pêcheurs confectionne de charmants petits travaux en coquillages.

Il y a ici l’éponge spéciale sur laquelle croissent de magnifiques fils blancs comme des plumets.

christianisme plus récent les a empruntés au paganisme plus ancien. Pour moi je ne vois dans ce fait qu’ une preuve üe plus de l'identité de la famille humaine ; en effet la religion étant le rapport de l’homme à Dieu, elle a commencé avec le premier homme ; nous sommes tous descendus de lui, et étant tons doués d’un même esprit et d’un même corps, les manifestations naturelles et extérieures ne sauraient guère varier.

t orr en jon- | vilaies.

Iques ames pour y Va- , Car ures, agnir es e de

issent nets.

anisme qu’ une ne ; en Dieu, ommes

même urelles

Page 1