PERRET PNA AMIE ST PA PEINE 9 DS VAR PAU L
210 L’ARSENAL DE YOKOSKA.
Français leurs chefs d’atelier; mais, en ce moment, il ne reste plus un seul Européen dans Parsenal. Les machines à vapeur y fonctionnent pour façonner le fer, scier le bois et tordre les câbles; le tout sous la direction d’ ingénieurs indigènes. Je visite le premier navire dessiné et construit par eux; c’est un aviso portant 4 canons et 90 hommes d’équipage ; il n’est pas mal réussi. En ce moment, deux frégates en bois sont sur le chantier; et on creuse un nouveau bassin de radoub. Un jeune employé qui comprenait un peu l’anglais m’# conduit partout. Les prisonniers condamnés aux travaux forcés, la veste rouge et la chaîne aux pieds, font une partie des travaux. En ce moment, la marine japonaise compte 17 navires de guerre.
Rentré à Yokohama, j’ai fait ma visite au Consul de France, qui est fort aimable, au Consul d’Italie, qui est aussi charmant que sa femme, et j’ai passé la soirée à causer avec M. Cotteau, membre de la Société de Géographie de Paris, qui vient d’arriver ici, après avoir traversé la Sibérie. Son voyage a été de trois mois en voiture et sur eau, avec un genre de vie des plus primitifs.
J’ai fait mes paquets, accablé de sommeil et, à 3 heures du matin, le mardi 30 août, seul, je
EXCURSION À ASHINOYOU. 211
montais en djinrikisha pour Ashinoyou, à 70 kilomètres de Yokohama, dans les montagnes.
Mes deux hommes portaient la lanterne de papier, et malgré mon sommeil, je tenais mes yeux grands ouverts, pour voir si la route était libre. Enfin, à 5 h. il fit jour. Nous parcourons le Tokaïdo, grande et vieille route qui unit les deux capitales du Japon: Tokio, jadis Yedo, capitale moderne, et Kioto, l’ancienne capitale. Cette route est presque constamment bordée de maisons. À 7 h., nous arrivons dans une ville où mes porteurs me cêdent à d’autres, pour retourner à Yokohama. A 1 h., nous sommes à Odawara, chef-lieu de district; à 2 h., à Tonosawa, point extrême pour le djinrikisha. Là, je monte en kago, et, gravissant les montagnes par des chemins comme ceux du lac de Gaube, à Cauterets, mes trois hommes me portent en sursaut, changeant d’épaule à chaque minute. Le paysage est ravissant: au fond de la vallée, un torrent grand comme la Vésubie, dans nos Alpes; sur la colline, la riante verdure des Pyrénées. À 4 h., nous voici arrivés à Myanoshita. Là, un vaste hôtel à l’européenne, tenu par un Japonais, abrite de nombreux Européens ; ils appartiennent à toutes les nations, et fuient les chaleurs de la plaine. J’y prends un bain d’une eau minérale