‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 141 sur 210 · LE BAMBOU · texte numérisé non relu

LE BAMBOU

regardent et rient; si je m’approche, ils s’éloignent et reviennent ensuite. Les femmes, avec leurs longues mammelles peruantes, arrêtent leur travail pour nous regarder ; nous disons à tous: okaïo saïanard, ce qui veut dire: bonjour. Ils répondent avec beaucoup de politesse, et parfois se prosternent jusqu’à terre.

Nous remarquons encore des plantations de maïs ; ici, comme chez nous, on mange les épis qu’on fait rôtir. Je vois aussi du blé noir et du millet. Dans les courants d’eau, des roues hydrauliques font mouvoir des pilons qui blanchissent le riz. Le bambou occupe une grande place; sur les montagnes, il croît sauvage comme de petits roseaux ; liés en faisceaux, ils servent de torches pour la nuit, Il y a la qualité de grosseur moyenne que nous avons dans nos jardins, et la grosse espèce qui atteint 10 mètres de hauteur, et une épaisseur ordinaire de 6 à 10 centimêtres de diamètre ; j’en ai vu même de 20 centimèêtres. Le bambou sert à tcut; on en fait des paniers, des boites, des gouttières, des maisons, surtout dans les campagnes. On forme de grandes cages grillées; on colle entre le grillage de bambou un mortier formé de terre et de paille de riz, et la maison est faite. Les pousses de bambou, grosse espèce, font un bon plat qui rappelle

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