‹ Le tour du monde en 240 jours [microforme]Chapitre 140 sur 210 · L'AGRICULTURE · texte numérisé non relu

L'AGRICULTURE

c’est un petit buisson dont on détache les jeunes feuilles au printemps ; on les lave, on les roule, on les sèche, mais les Européens les brûlent encore dans des chaudrons à sec. Cette opération se fait en grand à Yokohama et à Kobé par des milliers de femmes. Enété, par 40° degrés de chaleur, j’ai vu leur sueur couler abondamment dans les chaudrons, dans lesquels elles tournent rapidement les feuilles avec la main, au chant d’un refrain monotone. Si les Zadies savaient ce détail, elles pourraient prendre leur thé avec moins de goût. On plante encore assez de coton; c’est une petite plante, haute d’environ 50 centimètres, produisant une fleur jaune, forme campanule. En ce moment, les flocons de coton blanc sortent du fruit qui succède à la fleur.

On trouve partout de grandes plantations de shoio, plante qui ressemble à celle de nos haricots courts, mais dont on eraploie seulement la racine pour faire le so, sauce japonaise qui entre dans presque tous leurs mets.

Comme légumes, on a le haricot, l’aubergine, la patate douce de diverses espèces, plusieurs sortes de raves et des racines que je n’ai jamais vues ailleurs.

. Comme fruit : la grenade, une qualité de poires rondes, la prune, la pèche, le raisin, le owri,

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LE DJINRIKISHA. 229

petit melon blanc, le melon d’eau, le kaki, fruit jaune, et la nèfle jaune. Mais tous ces fruits sont petits, mesquins, sans saveur ; en général, on les cueille verts, ce qui ne contribue pas peu à favoriser le choléra et la typhoïde qui sévissent tous les ans.

Les conducteurs de nos djinrikisha font deux lieues à l’heure. Ils sont nus, avec une grande capeline sur la tête, et ruissèlent de sueur. Lorsqu’ils rencontrent un puits, ils s’y abreuvent et continuent à courir. Environ chaque deux heures, ils s’arrêtent quelques minutes à un wciaja pour respirer, et à chaque 4 heures, ils prennent le riz et quelques légumes. C’est une vie bien dure, et pourtant ils sont contents. Leur petite voiture a été dessinée ici par un étranger, il y a 10 ans; et maintenant, il y en a 400 mille dans le Japon. Mais l’homme n’est pas né pour faire le cheval; les conducteurs de djinrikisha succombent presque tous de la poitrine à la fleur de l’âge. Leur tarif est ordinairement de 10 sous par heure.

Partout où on s’arrête, on nous apporie la petite caisse qui contient le feu et le crachoir pour la pipe; puis, une tasse de thé microscopique, et pour le tout, on donne un sou. Dans tous les villages, les enfants courent après nous ; ils ont tous un bébé attaché sur le dos, ils nous

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