LA CRÉMATION
lui offre une écuelle de riz cuit, des bonbons et du thé en feuilles. Il ajoute des prières en forme de lamentation, passe la main en sens divers sur le cercueil, le tout à peu près comme chez nous quand on bénit; puis il prend place dans son fauteuil. Il sonne de temps en temps une clochette, continue ses prières un quart d'heure, salue et s’en va. Alors, on pose le cercueil sur quatre branches de pin fraîches, étendues sur un fossé; on l’entoure de branches sèches, on pose dessous de la broussaille et des paquets de bambou : un quart d’heure après la caisse est brûlée, le cadavre est en flammes et les os craquent ; les parents se retirent °n emportant quelques morceaux d’os carbonisés. Si, dans toutes les retraites, on pouvait offrir pareil spectacle, la méditation sur la mort serait plus facile!
La famille est basée sur l’autorité paternelle la plus absolue; le père est obéi même quand il commande contre nature; il a liberté de tester, mais il en use rarement ; le droit d’ainesse existe de fait dans sa plénitude; pas de dot pour les filles ; mais l’aîné assiste les parents malheureux. Les enfants sont nombreux et bien traités. On a dit que les Japonais considèrent leurs deux premiers enfants comme chargés de porter les autres; en effet, on voit tous les bébés avec un autre bébé
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