LE JARDIN D’ACCLIMATATION
L’action est bien conduite, la mimique sans exagération, les costumes fort riches, la musique détestable. Les Japonais aiment le féerique: changements de scènes, moyennant un disque tournant qui emporte tout un décor et en ramène un autre ; apparition d’esprits, personnages sortant du sol, émergeant d’un arbre, descendant du ciel, etc. La torture est souvent exhibée, et donne une idée des souffrances des pauvres patients! Deux individus vêtus de noir et la face voilée sont toujours sur la scène pour les divers services; ils sont vêtus de noir parce qu’ils sont censés ne pas exister. La même pièce est souvent jouée 2 ou 3 mois de suite.
16 Septembre.
De grand matin, les djinrikisha nous portent au jardin d’acclimatation, à une lieue de la ville; partout on charrie vers la campagne le fumier humain, pour l’utiliser ; le transport se fait par de grands seaux en bois, suspendus à chaque bout d’un bâton et portés par les hommes, sur l’épaule, à la mode des porteurs d’eau de Venise.
Si cette parfumerie féconde les champs, elle embaume par trop les ruës de la ville.